Des collectifs associatifs, des personnalistes et des syndicats condamnent l’attaque militaire du Maroc dans la zone tampon de Guerguerat et appellent le royaume à respecter les résolutions onusiennes de reconnaissance des droits des Sahraouis à l’autodétermination.

Selon une dépêche de l’APS, le 17 novembre dernier, 97 personnalités politiques de différentes sensibilités, originaires de douze pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont condamné l’attaque militaire marocaine à Guerguerat. D’après la même source, le collectif a exprimé dans un communiqué, «sa profonde préoccupation» au sujet de cette attaque qui a lieu dans la matinée du vendredi 13 novembre 2020, contre des dizaines de manifestants civils sahraouis qui protestaient pacifiquement contre une brèche ouverte illégalement dans cette zone tampon ultrasensible.
Les Associations et personnalités latino-américaines ont regretté que la Minurso ne puisse pas remplir l’objectif qui a motivé sa mise en place en 1991, à savoir l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, ni superviser la situation des droits de l’Homme dans le territoire, d’empêcher le pillage de ses ressources naturelles. Il s’agit, entre autres, de l’Assemblée permanente Argentine des droits de l’Homme (APDH), l’Association chilienne d’amitié avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD), l’Association colombienne d’amitié avec le peuple sahraoui (ACOLPS), l’Association vénézuélienne de solidarité avec le Sahara occidental (ASOVESSA), la Commission nationale des droits de l’Homme de la République dominicaine (CNDH-RD), le Parti Socialisme et Liberdade du Brésil, la Fédération nationale vénézuélienne pour la défense des droits de l’homme (FENADDEH), et l’Association sahraouie des Etats-Unis d’Amérique (SAUSA).
Outre ces collectifs, d’éminentes personnalités ont appuyé également cet appel, dont l’Argentin, Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la paix, la militante péruvienne Aïda Garcia Naranjo, l’avocate et défenseure des droits de l’Homme l’Equatorienne Annabelle Guerrero Pita, le défenseuse des droits de l’Homme de la République dominicaine, Annalisa Melandri, et le Brésilien Antonio Carlos de Andrade, défenseur des droits de l’Homme.
Le 14 novembre dernier, la Centrale des Travailleurs Argentins (CTA-Autonome) s’est adressé à l’ambassadeur du Royaume du Maroc à Buenos Aires pour lui faire part de sa «préoccupation» et de son «rejet» de la «violation délibérée du cessez-le-feu signé sous les auspices des Nations Unies. «Il s’agit, affirme la centrale syndicale, d’un acte très grave qui constitue une violation flagrante de l’accord signé par le Maroc et le Front Polisario à l’ONU». «Nous devons nous rappeler que pendant la décolonisation de l’Afrique de l’Ouest, le Sahara Occidental était libre et se déclarait comme nation indépendante, malgré les tentatives du Maroc de revendiquer ce territoire», ajoute la Centrale.
La CTA rappelle qu’ «en 1966, la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies a consacré le fait relatif à l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination; ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent». «Un avis de la Cour Internationale de Justice de 1975 a également affirmé que le Maroc n’avait pas de souveraineté sur le territoire et qu’un référendum d’autodétermination devrait être organisé». Pour la Centrale, «il est évident que le Maroc n’a tout simplement pas respecté ses engagements aux termes de l’accord. Des dizaines et des dizaines de milliers de Sahraouis vivent dans des camps de réfugiés, principalement à Tindouf, en Algérie. Ils ont été contraints de quitter leurs maisons, en attendant une solution». Ses membres demandent «instamment au Maroc de cesser sa violation du cessez-le-feu afin de rétablir le calme et la confiance entre toutes les parties, en vue de parvenir à de réels progrès et, partant, aboutir au référendum d\’autodétermination». Ils lancent «un appel à la paix, à la cessation immédiate de la violence et au respect des engagements pris au niveau international. Nous réitérons également l’exigence de la tenue d’un référendum, une dette historique qui doit être satisfaite conformément aux engagements pris devant les Nations Unies».