L’Algérie soutient la reprise des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario indépendantiste pour résoudre le vieux conflit du Sahara occidental, mais refuse d’y prendre part, a réaffirmé hier à Paris le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.

« Tout le monde s’accorde à dire qu’il n’y a pas d’alternative à la négociation entre le Front Polisario et le Maroc» et «tout le monde s’accorde à dire que cette négociation redémarre», a déclaré Messahel à la Chaîne France24.
Mais les pourparlers se sont toujours déroulés « entre des représentants du Front Polisario et du Maroc et cela ne changera pas», a ajouté le ministre, en visite officielle à Paris. « L’Algérie soutient les droits légitimes du peuple sahraoui », mais le conflit au Sahara occidental n’est « pas une affaire entre l’Algérie et le Maroc. C’est une affaire entre le Maroc et le peuple sahraoui, c’est une affaire entre le Maroc et les décisions des Nations unies ».
Ainsi, le chef de la diplomatie algérienne rappelle que l’Algérie n’est pas une partie dans ce conflit et n’a aucune ambition à faire valoir. Pour fuir ses responsabilités et tenter de manipuler la communauté internationale, Rabat réclame régulièrement que l’Algérie prenne part aux négociations sur le Sahara occidental. Par ailleurs, le Maroc accuse depuis plusieurs semaines le Polisario de mener des incursions dans une zone tampon, ce qu’a nié le mouvement indépendantiste. La mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso) a indiqué n’avoir « observé aucun mouvement ».
Le Polisario réclame la tenue d’un référendum d’autodétermination, sans cesse repoussé en raison de désaccords sur le corps électoral. Rabat rejette toute autre solution qu’une autonomie sous sa souveraineté, que refuse le Polisario.
Pour rappel, après des années d’impasse, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a chargé en août dernier son nouvel envoyé spécial dans la région, Horst Koehler, de relancer les négociations directes entre Rabat et le Polisario.
Toujours dans le cadre de sa visite à Paris, Abdelkader Messahel, s’est entretenu lundi à Paris avec le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. L’entretien a porté sur les relations bilatérales et les voies et moyens de leur renforcement et leur diversification. Dans ce cadre, les deux ministres se sont félicités de la qualité des liens d’amitié et de coopération algéro-français.
Ainsi, ils ont réitéré leur volonté commune pour développer davantage ce partenariat d’exception au bénéfice des deux pays, notamment dans le contexte de la dynamique créée par la visite en Algérie, le 6 décembre dernier, du président de la République française, Emmanuel Macron, et la tenue à Paris, le 7 décembre 2017, de la 4e session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN). Les deux ministres ont également évoqué les préparatifs de la 5e session du Comité mixte économique algéro-français (Comefa) qui se tiendra le 9 juillet 2018 à Paris.