Samedi, 21 novembre, les indépendantistes sahraouis poursuivaient leurs opérations militaires contre des positions de l’armée marocaine dans la zone tampon de Guerguerat. Selon le communiqué numéro 8, relayé par l’Agence de presse sahraouie (SPS), «l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) poursuit ses attaques contre les positions des forces d’occupation marocaines dans le mur de l’humiliation et de la honte, causant des pertes humaines et matérielles». D’après la même source, les attaques « ont causé des pertes humaines et matérielles dans les rangs de l’armée d’occupation marocaine». Jeudi 19 novembre, indique-t-elle, «des détachements avancés (…) ont lancé de violentes attaques contre les positions ennemies».
Le communiqué de l’APLS précise que les attaques «ont ciblé la zone d’Alfayyeen dans le secteur de Farsia», bombardé à deux reprises. «Les bombardements ont également visé les retranchements des forces d’invasion marocaines dans la région d’Oum Adakane dans le secteur de Bakari», en faisant reculer les bases d’occupation dans la région d’El Rous Essebti, dans le secteur de Mahbes». Il ajoute que «les zones d’Ichdhimiya et Oum Lakta, dans le secteur de Mahbas, ont été la cible de violents bombardements et à un autre visant la zone d’Aklebat Al-Akkaya dans le secteur d’Aousserd».
Concernant les attaques lancées par l’ALPS vendredi, «de violents bombardements ont été menés contre la zone de Ross Odi ou Rukba dans le secteur de Mahbas, et un autre bombardement a visé la zone de Rus Fudra Al-Tamat dans le secteur de Hawza». En somme, la situation est à la guerre dans cette zone de Guerguerat dans un contexte où les Sahraouis ont épuisé toutes les ressources politiques et diplomatiques pour constater que le statu quo en vigueur depuis des décennies a davantage servi les intérêts de Rabat qui, bénéficiant d’un appui déclaré et non déclaré de nombreux pays, dont des puissances occidentales, fait fi de la légalité internationale. D’où la décision du Polisario, le 13 novembre, de rompre le cessez-le-feu en place depuis 1991 et de déclarer « l’état de guerre» contre le Maroc après que son armée ait mené une opération dans la zone tampon de Guerguerat.
Une réaction de défense mais aussi de rappel que l’ONU a failli dans sa mission de règlement du conflit par l’organisation d’un référendum d’autodétermination. «L’ONU doit agir avant qu’il ne soit trop tard», a ainsi prévenu la militante sahraouie Aminatou Haïdar, dénonçant «l’inaction» du Conseil de sécurité qui ne s’est toujours pas réuni en dépit de la gravité de la situation. Les négociations entre les belligérants et les pays observateurs, dont l’Algérie, et la Mauritanie sont au point mort depuis mars 2019. L’émissaire onusien, l’ex-président allemand Horst Köhler, qui a démissionné en mai 2019 pour raisons de santé, n’a toujours pas été remplacé. D’ici que le Conseil de sécurité se réunisse, une intense bataille diplomatique accompagne les développements militaires sur le terrain, faisant ressortir, pour la partie sahraouie, ses soutiens historiques en Amérique latine, en Asie et en Afrique où les autorités maliennes, elles-mêmes confrontées à une situation de crise interne aiguë, ont fait part de leur inquiétude quant aux conséquences de la reprise de la guerre.
Ainsi, Cuba réaffirme son soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui, a indiqué le ministère cubain des Affaires étrangères dans un communiqué publié samedi. Ce soutien, rappelle le ministère, est conforme aux buts et principes de la Charte des Nations unies, en particulier la Résolution 1514 de l’Assemblée générale, intitulée «Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux». Au Mexique, l’Association mexicaine amitié avec la République sahraouie (Amaras), condamne «la violation par le Maroc du cessez-le-feu convenu depuis 1991» et « exhorte l’ONU à respecter son engagement d’organiser un référendum d’autodétermination au Sahara occidental». Dans un communiqué, l’association rappelle que «les forces d’occupation marocaines, en ignorant les accords signés entre le Front Polisario, le Maroc et les Nations unies, ont ouvert la brèche illégale d’El Guerguerat et recouru à un groupe de bandits vêtus en civil», pour attaquer des Sahraouis civils qui y «protestaient pacifiquement». A cet égard, elle exige de l’ONU d’agir, par l’intermédiaire de la Minurso et du Conseil de sécurité, afin qu’elle préserve immédiatement l’intégrité de la population sahraouie et garantisse au Front Polisario l’expulsion des forces d’invasion marocaines de leur territoire, comme elle exhorte la Mission onusienne à respecter son engagement à l’égard de l’organisation du Référendum d’autodétermination au Sahara occidental.
Au Sahel, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Mali déclare suivre «avec préoccupation les derniers développements». Il exhorte les parties à reprendre les négociations et à accélérer le processus de désignation de son représentant personnel pour le suivi de ce dossier. En Asie, le Timor-Leste reconnaît le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et soutient la reprise des négociations entre le Maroc et le Front Polisario, de bonne foi et sans conditions préalables, pour parvenir à une solution juste et durable, fondée sur le respect du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. La reprise de la mise en œuvre du plan des Nations unies, pour un référendum, conformément aux résolutions pertinentes de l’ONU, demeure cruciale en tant que mécanisme garantissant un processus juste, libre et démocratique menant à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. n