Un dirigeant du Front Polisario a affirmé dimanche que le mouvement indépendantiste mobilisait des «milliers de volontaires» pour rejoindre les forces armées sahraouies, en réaction aux vives tensions avec le Maroc à la frontière mauritanienne. «Des milliers de volontaires sont en train de rejoindre les régions militaires parmi ceux qui ont fini leur instruction», a déclaré à l’AFP Mohamed Salem Ould Salek, le chef de la diplomatie de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). La RASD a été proclamée en 1976 par les indépendantistes du Polisario. «Des centaines d’autres gonflent les rangs des écoles militaires», a ajouté M. Ould Salek. Ce responsable a évoqué des «combats se poursuivant crescendo» dans l’extrême sud du territoire. Il n’a toutefois fourni aucune précision et il était impossible de vérifier de source indépendante la véracité de ces affirmations. Le Maroc a lancé vendredi une opération militaire dans la zone-tampon de Guerguerat afin de rouvrir la route conduisant vers la Mauritanie voisine, après trois semaines de blocage routier La route a été débloquée samedi. En réaction, le Front Polisario a décrété «l’état de guerre» et la fin du cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’ONU. Les indépendantistes sahraouis ont fait état «d’attaques» –sans autre détail– le long du mur de défense marocain de 2.700 km qui coupe le Sahara occidental. Vaste étendue désertique de 266.000 km2 bordant la côte Atlantique au nord de la Mauritanie, le Sahara occidental est le seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n’a pas été réglé. Après le départ de la puissance coloniale espagnole en 1975, le Maroc a pris le contrôle des deux tiers de ce territoire qu’il considère comme partie intégrante du royaume. Soutenu par l’Algérie, le Polisario en contrôle l’autre tiers. Rabat propose une autonomie sous sa souveraineté tandis que le Polisario exige un référendum d’autodétermination prévu par l’accord de 1991 mais qui n’a jamais été mis en oeuvre. (AFP)