Théoriquement, l’accord commercial signé en 2012 entre l’Union Européenne et le Maroc n’est plus applicable sur le territoire du Sahara occidental, vu qu’il se situe en dehors des frontières internationales du Maroc, a conclu la Cour de justice de l’UE le 21 décembre dernier.


Malgré cela, certains opérateurs n’envisagent pas de respecter le verdict de la Cour de justice de l’UE (CJUE) en continuant d’exploiter les ressources sahraouies, constate l’Observatoire des ressources naturelles du Sahara occidental (WSRW). L’ONG a récemment affirmé qu’un navire européen a été chargé de transporter de l’huile de poisson pêché dans les eaux du territoire sahraoui, pour l’acheminer «probablement vers la France», alors que la décision de la CJUE affirme que les ressources naturelles du Sahara occidental ne peuvent pas faire partie de l’accord liant Rabat à l’UE. Ce navire devait, en effet, débarquer dans l’après-midi d’hier sa cargaison à Fécamp, ancien port morutier sur le littoral du pays de Caux, situé à environ 40 km au nord du Havre). Pour protester contre la violation de la décision de la CJUE, la Confédération générale du travail (CGT) du Havre a appelé, hier, dans un communiqué qu’elle a rendu public à observer un rassemblement devant l’écluse du port de Fécamp. Sur un autre volet, le WSRW a félicité le groupe belge de transport mondial maritime CMA-CGM pour avoir gelé toutes ses activités de et vers les territoires occupés du Sahara Occidental. «La compagnie a informé ses clients, qui devaient réceptionner leurs containers au port de Dakhla en février prochain, que leurs rendez-vous étaient annulés», ajoute l’ONG. Une décision que l’observatoire qualifie d’«audacieuse».
L’Observatoire des ressources naturelles du Sahara occidental a appelé tous les affréteurs à ne pas s’impliquer dans le commerce illégal des ressources du Sahara occidental, réitérant dans ce sens son appel aux membres de l’UE à respecter la décision et à ne pas mettre des obstacles au processus de paix de l’ONU au Sahara occidental. Il y a lieu de rappeler que, mardi dernier, des parlementaires européens ont interpellé la Commission européenne sur le risque de violation par l’Union européenne (UE) du droit européen et international concernant le respect du principe de la souveraineté permanente du peuple du Sahara occidental sur ses ressources naturelles.
Fait important, il est à noter que l’envoyé spécial de la présidente sortante de la commission de l’Union africaine (UA) M. Alma Tadissi a affirmé dans son intervention à la conférence internationale de soutien au peuple palestinien qui se tient à Rome, la position indéfectible de l’Union africaine (UA) à l’égard de la question sahraouie. Lors de cette rencontre organisée lundi au siège du parlement italien sur le thème «Peuple palestinien: quelles perspectives?», M. Alma Tadissi a dénoncé les tergiversations de la communauté internationale qui hésite à prendre une décision claire et franche à l’égard de la question sahraouie conformément aux lois et Chartes internationales. Le représentant de l’UA a appelé le conseil de sécurité à agir pour imposer le respect des droits de l’Homme dans la région, affirmant que «le monde dans lequel nous vivons n’est pas assez juste pour forcer le Maroc à respecter ses engagements internationaux ce qui lui permet de poursuivre ses violations à l’égard de la légalité internationale et des droits de l’Homme».