A l’heure où devrait être confirmée la nomination du diplomate Staffan De Mistura au poste d’Envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, son secrétaire général, Antonio Guterres, se déclare inquiet de la situation « fortement dégradée » à l’intérieur du territoire inscrit à l’agenda onusien comme éligible à l’autodétermination.

Synthèse Anis Remane
La situation au Sahara occidental s’est « fortement dégradée » depuis un an, avec la reprise des hostilités entre le Maroc et le mouvement indépendantiste du Front Polisario et la pandémie de Covid-19, estime ainsi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.
Dans un rapport remis au Conseil de sécurité, non encore rendu publique, il précise que ces deux facteurs « ont considérablement modifié l’environnement opérationnel de la Minurso (opération de l’ONU formée de 235 observateurs), limitant la capacité de la mission à exécuter son mandat ».
En affirmant être « profondément préoccupé » par les évènements survenus depuis un an au Sahara occidental, le chef de l’ONU estime que « la reprise des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario », le 13 novembre 2020 au niveau de Guerguerat , « est un revers majeur vers l’obtention d’une solution politique » au conflit. Selon Antonio Guterres, « il subsiste un risque évident d’escalade tant que les hostilités persistent ». Il « appelle donc les parties à calmer la situation et cesser immédiatement les hostilités.
« La reprise d’un processus politique n’en est que plus urgent » et les parties doivent s’accorder sur la nomination d’un émissaire onusien pour relancer le dialogue politique sur le Sahara occidental, a-t-il lancé à la veille de la confirmation de Staffan De Mistura à ce poste vacant depuis mai 2019.
Dans son rapport, Antonio Guterres rappelle qu’à la mi-novembre 2020 le Front Polisario avait annoncé qu’il ne se sentait plus engagé par le cessez-le-feu qui était en vigueur depuis 1991. En décembre 2020, Donald Trump, rompant avec les positions américaines précédentes, avait reconnu la « souveraineté du Maroc sur l’ensemble du Sahara occidental », une décision prise à l’encontre de la légalité internationale et sur laquelle Joe Biden ne s’est toujours pas prononcé.
Le rapport du chef de l’ONU sur le Sahara occidental est publié avant le premier briefing attendu ce mois-ci de la part du nouveau Représentant spécial pour le Sahara occidental et chef de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO), le Russe Alexander Ivanko. Nommé le 24 août 2021, il s’exprimera notamment sur le devenir de la mission onusienne dont le mandat expire le 31 octobre. « Des discussions sur le devenir de la MINURSO seront au programme des débats au Conseil de sécurité ce mois-ci », a confirmé la ministre des Affaires étrangères du Kenya, Mme Raychelle Omamo, dont le pays assure la présidence du Conseil de sécurité durant le mois d’octobre,
Les membres du Conseil de sécurité devraient également voter sur un projet de résolution visant à renouveler le mandat de la MINURSO. Une réunion des pays fournisseurs de contingents avec les membres du Conseil est également prévue avant le renouvellement du mandat de la MINURSO . n