L’ambassadeur aux Nations unies, Sofiane Mimouni, a estimé que seule une négociation directe entre les parties au conflit permettra de trouver une issue durable. Le diplomate qui s’exprimait au cours du débat général de la Quatrième commission des Nations unies, chargée notamment des questions de décolonisation, réagissait au projet de résolution sur la prorogation du mandat de la Minurso prévoyant une nouvelle fois le format dit des «tables rondes» et que la diplomatie algérienne rejette comme «inefficace» et «contreproductif».

Par Anis Remane
Dans le cadre du débat général de la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation qu’on appelle aussi «Quatrième commission» selon le jargon admis aux Nations unies, l’Algérie a de nouveau réitéré sa position selon laquelle la solution au conflit du Sahara occidental réside dans l’organisation d’un référendum d’autodétermination par le biais duquel le peuple sahraoui doit pouvoir exercer son droit à se prononcer sur l’avenir de son territoire, et que les deux parties à ce conflit sont le Maroc et le Front Polisario.
Ainsi, le représentant permanent de l’Algérie aux Nations unies à New York, Sofiane Mimouni, a plaidé, lundi 25 octobre, pour un dialogue direct entre les deux belligérants comme seule voie à même de parvenir à un règlement juste et durable du conflit. «Seul un dialogue direct entre le Front Polisario et le Royaume du Maroc, dans un esprit de respect et d’engagement authentique, pourrait ouvrir la voie à un véritable espoir de construire une paix durable dans la région», a affirmé l’ambassadeur Mimouni. L’Algérie, a-t-il souligné, espère que les efforts du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et de son Envoyé personnel Staffan de Mistura «conduisent à une reprise effective du processus de règlement de ce conflit». La nomination récente de Staffan de Mistura comme Envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental et son entrée en fonction dès la fin de ce mois «est une étape positive vers cet objectif», a-t-il jugé.
Jeudi 21 octobre, la délégation algérienne avait indiqué que le format dit des «tables rondes» pour la reprise des négociations sur les moyens de résoudre le conflit du Sahara occidental, auquel fait référence le projet de résolution sur la prorogation du mandat de la Mission onusienne pour le référendum dans ce territoire, un texte qui sera soumis au Conseil de sécurité à la fin du mois également, est «inefficace et contre-productif». Ces «tables rondes» le sont «du fait de leur instrumentalisation par les autorités marocaines pour se détourner de leurs responsabilités et déformer la réalité du conflit au Sahara occidental comme question de décolonisation», a précisé la délégation. Dans une missive envoyée au président du Conseil de sécurité, le Kenyan Martin Kimani, et dont le chef de l’ONU a été rendu destinataire, la mission diplomatique a rappelé que «l’Algérie n’a jamais considéré ces +tables rondes+ comme le format ultime pour la conduite du processus politique au Sahara occidental mais plutôt comme une étape de transition vers des négociations entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario.
Dans le débat général de la Quatrième commission, l’ambassadeur Sofiane Mimouni a catégoriquement rejeté les accusations du Maroc «qui cherche à la faire passer pour l’un des protagonistes de ce conflit». Le représentant du Maroc, dans l’exercice de son droit de réponse, avait accusé l’Algérie d’être l’une des «parties principales» au différend relatif au «Sahara marocain», à travers le Front POLISARIO, qu’elle finance «généreusement avec l’argent du contribuable algérien». Il est rappelé que ce débat a porté également sur le processus de décolonisations des îles Malouines (Falkland, selon l’appellation britannique) revendiquées par l’Argentine et de Gibraltar revendiqué par le royaume d’Espagne. En réponse, aux nombreuses interventions de pays d’Amérique latine et des Caraïbes, dont le Paraguay, la Colombie et la Bolivie aujourd’hui, qui soutiennent la revendication de souveraineté de l’Argentine sur les Îles Malouines, le représentant du Royaume-Uni a dit ne pas douter de la sienne sur cet archipel, ni du droit à l’autodétermination des habitants des Falkland qu’ils ont d’ailleurs exercé lors du référendum de 2013, quand 99,8% d’entre eux se sont prononcés pour le maintien de leur statut actuel, celui de territoire britannique.
Ce peuple ne veut pas de dialogue sur la souveraineté et sa position doit être respectée, a tranché le représentant, qui a néanmoins espéré des relations plus fortes et constructives avec l’Argentine. Elle a précisé qu’à l’issue du «Brexit», les Gouvernements du Royaume-Uni, de Gibraltar et de l’Espagne s’étaient mis d’accord sur un cadre politique pour voir comment un futur accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne pourrait fonctionner dans l’intérêt de toutes les parties. Le Royaume-Uni a toutefois réaffirmé qu’il ne s’engagerait dans aucun processus de négociation sur la souveraineté de Gibraltar qui «mécontenterait» ses habitants, selon un communiqué des Nations unies. <