Le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Salem Ould Salek, a revendiqué hier lundi à Alger une adhésion pleine de la République arabe sahraouie démocratique aux Nations Unies, en tant qu’Etat membre, renouvelant la disposition de la RASD à appuyer les efforts de l’Organisation onusienne en vue d’accélérer la décolonisation du Sahara Occidental.

«L’Etat sahraoui revendique son siège aux Nations Unis puisque le Maroc qui dresse les obstacles à la tenue d’un référendum d’autodétermination, est convaincu que le peuple sahraoui est unanime sur son droit à l’indépendance et à sa souveraineté sur sa patrie et la terre de ses ancêtres», a déclaré Ould Salek au cours d’une conférence de presse. La RASD est membre fondateur de l’Union africaine depuis 1982. Mohamed Salem Ould Salek a également pointé la responsabilité de la France dans l’échec du plan de paix ONU-UA, accepté par le Maroc et la RASD, soulignant les entraves dressées par Paris pour empêcher l’élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme. «Le soutien de la France à la colonisation marocaine a empêché l’application de l’accord entre la RASD et le Maroc dans les délais impartis, c’est à dire depuis des décennies», a déclaré le chef de la diplomatie sahraouie. «Sans les obstacles de la France, la Minurso aurait assumer la mission de la surveillance des droits de l’homme pour au moins alléger les souffrances des Sahraouis dans les territoires occupés», a-t-il ajouté. La France a aussi bloqué la mise en œuvre des décisions de la Cour de Justice de l’Union européenne sur le pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental, a accusé Ould Salek, appelant Paris a assumer son rôle en tant que « pays ayant des relations historiques avec tous les peuples et pays de la région» et à cesser son «soutien aveugle» au Maroc. Inscrit depuis 1966 à la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.
Dans un entretien télévisé à la presse dimanche soir, le Président Tebboune a réaffirmé que le conflit du Sahara occidental est «bel et bien une question de décolonisation que toutes les parties avaient admis et son règlement implique un retour aux décisions onusiennes pertinentes ». «Je le dis sans aucune animosité, car les Marocains et les Sahraouis sont des frères et nous souhaitons une solution satisfaisante pour les deux parties», a-t-il affirmé.
(APS)