Le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a réaffirmé lundi dernier que la position des Nations unies « n’a pas changé » quant aux récentes déclarations du président américain sortant Donald Trump sur le Sahara occidental. L’ONU « continue de croire qu’une solution peut être trouvée à travers un dialogue conformément aux résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

« Notre position sur les déclarations concernant le Sahara occidental n’a pas changé et nous continuons de croire qu’une solution peut être trouvée par un dialogue fondé sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité » de l’ONU, a encore déclaré le porte-parole d’Antonio Guterres. « Il n’y a pas de changements opérationnels majeurs de notre part », a-t-il répondu à une question d’un journaliste sur les développements dans le dossier sahraoui.
M. Dujarric s’est exprimé peu avant la réunion à huis clos, lundi dernier, du Conseil de sécurité sur le conflit sahraoui, une séance de consultation demandée par l’Allemagne et au cours de laquelle il y a eu un échange d’informations des Etats membres sans décision ni résolution. Cependant, tous les observateurs indiquent qu’une réaction officielle du Conseil est attendue à partir de l’année prochaine lorsque sera installée à la Maison-Blanche l’administration du président élu Joe Biden.
Il n’en demeure pas moins que cette réunion du Conseil de sécurité a été l’occasion pour des pays africains engagés en faveur de la cause sahraouie de dénoncer l’initiative du président Trump de reconnaître la marocanité du Sahara occidental contre la normalisation des relations entre le Maroc et Israël et d’appeler au retour à la légalité internationale.
C’est le cas de l’Afrique du Sud pour qui la reconnaissance de la « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental est « incompatible » avec le droit international. En effet, son ambassadeur à l’ONU, Jerry Matjila, a appelé à « rejeter » les décisions unilatérales prises dans ce sens. « L’Afrique du Sud estime que toute reconnaissance du Sahara occidental comme faisant partie du Maroc équivaut à reconnaître l’illégalité et, en tant que telle, elle est incompatible avec le droit international », a déclaré M. Matjila à l’issue des consultations au Conseil de sécurité de l’ONU.
« L’Afrique du Sud est pleinement résolue à soutenir les efforts visant à parvenir à une solution définitive et mutuellement acceptable à la question du Sahara occidental, qui prévoit l’autodétermination du peuple sahraoui ainsi que la réalisation de sa liberté et de ses droits fondamentaux », a encore dit le diplomate sud-africain. « Nous attendons avec impatience la nomination du nouvel envoyé du Secrétaire général, poste vacant depuis plus d’un an, pour soutenir les négociations et la reprise du processus politique », a ajouté l’Ambassadeur, après avoir été briefé par Colin Stewart, le représentant spécial et chef de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), et la sous-secrétaire générale pour l’Afrique, Bintou Keita. n