Déjà annoncée, la tournée régionale prévue par l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental aura lieu à partir d’aujourd’hui jusqu’au 1er juillet prochain. Selon un communiqué des Nations unies, Horst Koehler se rendra à «Alger, Nouakchott, Tindouf, Rabouni, Rabat, Laâyoune, Smara et Dakhla».

«L’objectif de la visite est double, améliorer sa compréhension de la réalité sur le terrain et discuter de la marche à suivre pour le processus politique dirigé par les Nations unies, conformément à la résolution 2414 du Conseil de sécurité», a précisé le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq.
Dans cette résolution, adoptée en avril, le Conseil de sécurité a renouvelé pour six mois seulement, au lieu d’une année comme précédemment, le mandat de la force de l’ONU Minurso assurant l’observation du cessez-le-feu entre le Maroc et le Polisario. Il a aussi réclamé la reprise de «négociations sans préconditions». Le dernier round de négociations entre le Maroc et le Front Polisario remonte à 2008, et Horst Koehler a promis de les relancer en 2018. Ses dernières rencontres avec les parties au conflit du Sahara occidental s’étaient déroulées en début d’année, à Berlin, pour le Front Polisario, et Lisbonne, pour les autorités marocaines.
La tournée de l’émissaire onusien intervient au lendemain de la visite du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, dans les camps de réfugiés sahraouis. Ce déplacement, qui a eu lieu les 19 et 20 juin, était la dernière étape de la tournée de M. Faki dans la région avant de présenter, à l’occasion du 31e sommet de l’Union africaine à Nouakchott en Mauritanie, les 1er et 2 juillet prochain, son rapport sur les propositions de l’organisation continentale en vue d’un règlement de la question du Sahara occidental.
Pour rappel, le chef de l’Exécutif de l’UA s’est rendu à Rabat pour une visite de deux jours, les 5 et 6 juin. En mars, il avait effectué un déplacement à Alger pour un échange de vues sur le dossier. M. Faki était mandaté par la Conférence des chefs d’Etat pour rédiger un «rapport détaillé» sur l’opérationnalisation de la décision 653, prise lors du sommet tenu les 3 et 4 juillet 2017 dans la capitale éthiopienne
Selon une source diplomatique de l’UA, son passage au Maroc n’a pas été de tout repos. «Les Marocains ont essayé de le convaincre de l’idée que l’UA abandonne ses démarches et ses efforts pour une solution à la question sahraouie. Ils ont demandé à M. Faki de laisser le soin du traitement du dossier sahraoui exclusivement aux Nations unies». Pour les Sahraouis, cette demande est irrecevable et ne correspond pas du tout aux engagements de l’Exécutif panafricain d’apporter sa contribution au règlement du conflit. Selon une source sahraouie, le fait même que M. Faki se soit rendu dans les camps et rencontré les dirigeants sahraouis, dont le président Brahim Ghali, constitue «une réponse à Rabat». «L’UA demeure saisie du dossier sahraoui jusqu’à lui trouver une solution en coopération avec les Nations unies», ajoute pour sa part le diplomate panafricain. Rabat milite pour que le dossier du Sahara occidental reste du ressort exclusif de l’ONU. Il le fait en contradiction avec l’acte constitutif de l’UA que le Maroc a ratifié, et dont l’article 2 insiste sur le respect des frontières héritées du lendemain des indépendances en Afrique.