La Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface), qui établit chaque année son guide sur les risques pays, a été saisie par l’avocat du Front Polisario, Gilles Devers.

Dans ses guides annuels, cette compagnie d’assurance persiste à ne pas séparer le Sahara occidental, territoire déclaré par l’ONU non autonome, du royaume du Maroc malgré les arrêtés de la Cour de justice de l’Union européenne. Dans tous ses documents, la Coface publie une carte dans laquelle le Sahara occidental est inclus dans le territoire du Maroc.
«J’ai saisi la Coface pour attirer l’attention de ses responsables sur le fait qu’en incluant le territoire du Sahara occidental au Maroc, ils ne renseignent pas convenablement les entreprises françaises sur le risque pays », a-t-il expliqué dans une déclaration faite par téléphone à l’APS, leur demandant de «rectifier la notice risque concernant le Maroc ». L’avocat du Polisario a indiqué qu’il a reçu une réponse de leur part, mais qui n’est «pas convaincante ». «Le Front Polisario ne veut de conflit avec personne et nous privilégions le règlement de cette question à l’amiable en recherchant la réconciliation », a-t-il affirmé, de même source, avertissant, cependant, que «si la Coface maintient son point de vue, qui ne tient pas la route, cet organisme ne pourra échapper à une assignation ». Au sujet du vote des Etats membres de l’Union européenne (UE) d’accorder à la Commission un mandat pour négocier un nouveau protocole à l’accord de pêche UE-Maroc, qui n’écarte pas «la possibilité d’étendre les accords bilatéraux avec le Maroc au Sahara occidental, sous certaines conditions », maître Gilles Devers a souligné, dans ce sens, que les deux parties, le Maroc et l’UE, «ont perdu et ils font maintenant n’importe quoi ». «Pour le moment, c’est un vote, ce n’est pas une décision. Le 25 avril, je me déplacerai à Bruxelles pour une réunion et je vais présenter nos arguments avec beaucoup de fermeté », a-t-il soutenu, relevant les «deux poids deux mesures » des pays de l’UE dans la défense des droits de l’Homme dans le monde. Pour lui, la Commission européenne va «mener le Maroc à sa perte en lui proposant de signer un accord sur un territoire qui ne lui appartient pas, alors qu’elle doit appliquer les décisions de la Cour de justice ». L’avocat du Front Polisario a indiqué que son équipe travaille sur le recours pour annuler l’accord sur l’aviation civile entre l’Union européenne et le Maroc. Pour rappel, l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne arrive à expiration le 14 juillet 2018. Avant cette date butoir, les Etats membres de l’UE ont décidé de lancer des négociations avec le royaume chérifien. Sur le papier, l’accord de pêche Maroc-UE, qui sera au cœur des nouvelles négociations, ne s’applique pas aux eaux territoriales sahraouies. Une décision de la Cour européenne de justice (CJUE) rendue le 27 février limitait l’accord aux zones maritimes non-conflictuelles du Maroc. Mais plusieurs entreprises européennes, discrètement encouragées par leurs Etats, continuent de violer les décisions de justice et poursuivent leur commerce illégal avec des partenaires marocains sur le sol sahraoui.