Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario,

Brahim Ghali, termine aujourd’hui la visite de travail entamée vendredi dernier en Afrique du Sud suite à l’invitation de son homologue, Jacob Zuma.

A l’issue de son entretien avec Ghali, Jacob Zuma a jugé «inconcevable» que le Sahara occidental soit «toujours colonisé» par le Maroc. «Nous nous engageons à poursuivre le dialogue avec la population du Sahara occidental jusqu’à ce que vous obteniez la liberté sur votre territoire et que vous soyez capables de déterminer votre avenir», a déclaré Zuma en s’adressant au président de la Rasd, réitérant ainsi sa position de parachever le processus de décolonisation. Le président sahraoui a, dans ce sillage, souligné que son pays multiplie les efforts pour se libérer du joug colonial du royaume chérifien. «Le peuple sahraoui se bat pour recouvrer la souveraineté totale de son Etat et de son territoire.» Avant d’ajouter : «On est malheureusement confrontés à l’occupation militaire d’un pays voisin, le royaume du Maroc», a-t-il dit. Les deux Etats sud-africain et sahraoui «entretiennent des relations historiques étroites qui remontent aux années de lutte contre la colonisation et l’apartheid». L’Afrique du Sud a, en effet, décidé, en septembre 2004, de reconnaître la Rasd, «quand le Maroc a montré clairement son refus d’organiser un référendum d’autodétermination au Sahara occidental, violant ainsi la résolution 1495 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2003», avait rappelé, jeudi, le ministère sud-africain des Affaires étrangères. Brahim Ghali a, par ailleurs, manifesté sa satisfaction des relations «distinguées» qui existent entre le Sahara occidental et l’Afrique du Sud.
Le président sahraoui a également salué «le soutien» de l’Afrique du Sud au peuple sahraoui dans sa lutte contre l’occupation marocaine et pour l’autodétermination, conformément à la légalité internationale. Cette rencontre intervient quelque semaine avant la tenue du sommet de l’UA durant laquelle, la demande du Maroc d’adhérer à l’organisation panafricaine, après 32 ans de défection, sera examinée. «Pour que sa demande d’adhésion soit acceptée, le Maroc doit accepter d’aller vers un référendum d’autodétermination ou relancer les négociations avec nous», a dit récemment à Reporters Bechraya Hamoudi Bayoune, ambassadeur du Sahara occidental en Algérie, sachant que le dernier round de négociations entre les deux parties en conflit, remonte à 2012. Certes, «le makhzen a ses amis à l’UA. Mais je ne pense pas qu’ils vont s’opposer à l’UA et revenir sur les principes de son fondement», ajoute Bayoune.