La création par le parti français la République en marche (LREM) d’un comité à Dakhla dans les territoires sahraouis occupés, constitue une violation flagrante du statut international du Sahara occidental, qui fait l’objet d’un processus de décolonisation, a dénoncé hier samedi la représentation du Front Polisario pour la France dans un communiqué. Le Front Polisario a recadré le parti présidentiel français, lui rappelant que Dakhla ou «VilllaCisneros», fait partie du territoire non autonome du Sahara occidental illégalement occupé par le Maroc, où sévit la guerre», et non pas dans les «provinces du Sud du Maroc» comme a prétendu le parti dans son communiqué.. «Il s’agit d’une violation flagrante du statut international du Sahara occidental, qui relève de la responsabilité de l’ONU, et qui est l’objet d’un processus de décolonisation, impliquant le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, entravé jusqu’à aujourd’hui par la monarchie marocaine», a déploré le Front Polisario. «Faut-il rappeler au parti LREM, que pour l’ONU, le Sahara occidental ne relève ni de la souveraineté, ni de l’administration du Royaume du Maroc qui y exerce une occupation et une oppression brutales contre l’ayant droit légitime, le peuple sahraoui «, s’est-il indigné ,rappelant à ce titre, la décision de la Cour européenne de Justice (CJUE) du 21 décembre 2016 qui, «affirme clairement que le Maroc et le Sahara Occidental sont deux territoires séparés et distincts». Pour la représentation sahraouie «le parti LREM et son comité se rendent coupables d’une grave violation du droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même, donc d’une violation caractérisée du droit international». Il «assume, du fait de cet acte, une lourde responsabilité en encourageant l’occupation du Sahara Occidental et la répression violente contre son peuple», a-t-il affirmé. «Il est à craindre hélas, quand on lit les propos du Ministre français de l’Europe et des Affaires Etrangères Monsieur Jean-Yves Le Drian, à la faveur de son entretien ce 8 avril, avec son homologue marocain, que la France va continuer sa politique qui contrarie l’avènement d’une solution juste et durable du conflit du Sahara Occidental, pour le dommage de la paix et de la sécurité dans tout le Maghreb», conclut le communiqué.
Une provocation pour le PCF
Le Parti communiste français (PCF) a condamné également l’ouverture par le parti «La République en Marche» (LREM), d’une antenne à Dakhla, exprimant son soutien indéfectible au peuple sahraoui et à son représentant légitime, le Front Polisario. «Le Parti communiste français (PCF) condamne cette provocation de La République en Marche qui avilit les engagements internationaux de la France et contribue à la destruction du droit international. Le PCF est indéfectiblement aux côtés du peuple sahraoui et de son représentant légitime, le Front Polisario», a indiqué le PCF dans un communiqué, diffusé vendredi. Selon le Parti communiste, à travers la décision d’ouvrir une antenne du parti présidentiel, LREM, à Dakhla occupée, sous le prétexte fallacieux d’«être à l’écoute des Français de l’étranger» dans un territoire bouclé par l’armée et dans lequel les étrangers ne peuvent accéder, le président Emmanuel Macron s’engage dans la voie d’une ouverture d’un consulat, une manière d’entériner cette occupation coloniale en violation du droit international». «Que ce soient les résolutions de l’ONU, de la Cour internationale de La Haye, de l’Union africaine ou de la Cour de Justice de l’Union européenne, toutes ces institutions convergent pour rappeler qu’il n’y a pas de liens de souveraineté territoriale entre le Maroc et le Sahara occidental. Ce dernier a un statut séparé et distinct du Maroc et il est, de ce fait, titulaire du droit à l’autodétermination», a réaffirmé le PCF. Alors que s’ouvre dans quelques jours une session de l’ONU dans laquelle le Conseil de sécurité discutera de la situation du Sahara occidental, le PCF a dénoncé le coup de force contre le droit international tenté par Macron à l’image de l’ex président américain Donald Trump. «Ce n’est pas la première fois que Paris, fidèle à son soutien aveugle à Rabat, manœuvre, jouant un rôle déterminant dans le blocage actuel de la situation», a-t-il déploré. «Cette forfaiture dont la porte-parole des députés macronistes Marie-Christine Verdier-Jouclas se fait l’écho est indigne. Macron qui donne des leçons à la terre entière serait bien inspiré de respecter la légalité internationale en favorisant l’organisation d’un référendum d’autodétermination et en agissant au sein de l’ONU pour que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) obtienne un siège de membre permanent», a indiqué le PCF. (APS)