Le Front Polisario a organisé, hier, des manœuvres militaires à Aghouenit, la 7e Région militaire des territoires libérés du Sahara occidental, auxquelles ont pris part l’infanterie de la 3e Région militaire Midjek, et de Dougued, 1re Région militaire.

Des manœuvres exécutées sous le regard du président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, accompagné, entre autres, de son ex-ministre de la Défense, Mohamed Lamine Bouhali, et de l’actuel, Abdallah Lahbib.

Par cette action, les indépendantistes du Front entendent se préparer à toute mobilisation militaire pour un éventuel retour à la lutte armée contre l’occupant, selon un officier interrogé sur place sur l’état d’esprit des troupes. Mais ces entraînements portent un message en direction de la communauté internationale, en général, pour lui rappeler ses responsabilités dans l’impasse politique actuelle, et, en particulier, au souverain marocain, Mohamed VI, qui campe sur ses positions expansionnistes et continue de piétiner les résolutions onusiennes et la revendication du peuple sahraoui d’aller vers l’organisation d’un référendum d’autodétermination. «On veut transmettre un seul message au monde entier. Nous sommes sur notre territoire et sommes attachés à notre patrie, ainsi qu’à sa libération, car toujours sous occupation marocaine», nous a confié M. Ghali. D’ailleurs, il profite de la tribune offerte pour «conseiller le Maroc de tirer parti de son adhésion à l’Union africaine pour résoudre le conflit sahraoui sur la base du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». «La tergiversation du Maroc ne va pas faire mater la population sahraouie, bien au contraire, elle reste attachée à son souhait de recouvrer l’indépendance de ses territoires», enchaîne-t-il.

Seul le référendum d’autodétermination
Les sept zones militaires des territoires libérés sont sous contrôle onusien, via ses hommes de la Mission onusienne pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination (Minurso). A ce titre, «la direction du Front Polisario a toujours respecté les Nations unies et attend en contrepartie qu’elles organisent un référendum d’autodétermination», estime Mohamed Lamine Bouhali, pour lequel «le règlement du conflit est étroitement lié à l’organisation de ce référendum». Et de rappeler une nouvelle fois que «le Sahara occidental respecte toujours les résolutions onusiennes prises depuis la signature du cessez-le-feu en 1991». «L’ONU a admis le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et a demandé le cessez-le-feu pour lui permettre d’organiser le référendum», ajoute-t-il. Mais «les résultats ne sont pas satisfaisants», poursuit-il, car «ce que les Sahraouis veulent, c’est d’aller vers l’organisation d’un référendum d’autodétermination, en conformité avec le droit international et les résolutions onusiennes», affirme encore l’ancien ministre sahraoui de la Défense. «Depuis 1975, l’ONU a admis notre droit à l’autodétermination». «Il y a des moments où, nous, les Sahraouis, regrettons et contestons le fait d’avoir accordé beaucoup de temps à l’ONU». Mais il avertit, en rappelant l’incident de Guerguerat en 2016. «Ce qui s’est passé à Guerguerat aurait pu relancer la guerre et si elle s’était déclenchée, elle ne se serait pas arrêtée jusqu’à ce que le peuple obtienne son droit légitime à recouvrer sa terre», dit-il.