Les indépendantistes sahraouis ont célébré hier le 45e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie (RASD), le 17 février 1976. Dans son discours, son président Brahim Ghali a réaffirmé que «le peuple sahraoui poursuivra sa lutte pour imposer la justice et libérer le territoire sahraoui de la présence marocaine».

Au camp des réfugiés d’Aousserd, M. Ghali, également secrétaire général du Polisario, a déclaré que cette date de février 1976 «est une source de fierté qui préserve les droits des Sahraouis et incarne leur espoir de vivre dans la dignité et en pleine souveraineté».
«Le déclenchement de la lutte armée contre la présence coloniale espagnole au Sahara occidental était le prolongement de la résistance populaire à long terme, dont la dernière manifestation était le soulèvement de Zemla de 1970 dirigé par le regretté Mohamed Sid Brahim Bassiri», a rappelé le leader sahraoui dans un contexte international inédit.
A tel point que Khatri Addouh, chef du comité préparatoire des festivités de l’anniversaire, accuse aujourd’hui l’ONU d’être responsable de la situation au Sahara occidental. «Le Maroc n’aurait pas pu faire ce qu’il a fait sans le soutien de la communauté internationale, le soutien de l’ONU, du Conseil de sécurité ainsi que le secrétaire général de l’ONU», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse vendredi dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf.
Dans le même contexte, M. Addouh a tenu l’ONU pour responsable du «blocage politique» de la question sahraouie en raison de son «laxisme» face au Maroc et son «manque de rigueur» pour lui imposer le respect des engagements relatifs à l’organisation d’un référendum d’autodétermination.» En bloquant l’organisation du référendum puis la violation du cessez-le-feu, le Maroc a vidé de son sens le processus onusien, conclu en1991», a-t-il affirmé.
Après 30 ans de cessez-le-feu et de lutte sur les fronts politiques et diplomatiques, les Sahraouis sont revenus au conflit armé depuis le 13 novembre 2020 quand le Maroc a déployé ses troupes dans la zone tampon de Guerguerat. Depuis, le Polisario se dit «en état de guerre de légitime défense». Sur le plan international, les négociations de paix quadripartites (Maroc, Polisario, Algérie et Mauritanie), menées sous l’égide de l’ONU, sont au point mort depuis mars 2019. Un état de fait aggravé par la décision de l’ancien président américain Donald Trump de reconnaitre la «souveraineté marocaine» sur le territoire considéré comme «non autonome» par les Nations unies, en échange d’une normalisation des relations entre le Maroc et Israël.
«En réalité, Trump ne fait que rajouter des problèmes à l’administration qui lui succède, c’est-à-dire celle de Biden», a indiqué Khatri Addouh, faisant entendre que les dirigeants sahraouis espèrent que le nouveau président américain, Joe Biden, reviendra sur cette décision et se conformera au règlement prévu par l’ONU.
Abordant les développement de la question sahraouie depuis le 13 novembre dernier, M. Addouh a relevé «un nouveau tournant» et «un changement radical aux plans national, régional et international».