Le représentant du Front Polisario aux Nations unies, Sidi Mohamed Omar, a remis hier une lettre au président du Conseil de sécurité Gustavo Meza-Cuadra dans laquelle il l’appelle à « prendre les mesures nécessaires pour organiser des négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc ».

La nécessité de reprendre les négociations entre les belligérants, à l’arrêt depuis 2012, est réaffirmée chaque année dans les résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU, et devrait être assumée sans plus tarder, insiste le représentant du Front.
Pour le diplomate sahraoui, les Nations unies ont une responsabilité à l’égard du peuple du Sahara occidental. Il indique à ce propos que les Nations unies sont appelées à prendre les mesures nécessaires pour accélérer la décolonisation du Sahara occidental et permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit « inaliénable  à l’autodétermination». C’est dans ce sens qu’il a appelé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, son envoyé spécial pour le Sahara occidental Horst Köhler et le Conseil de sécurité à «organiser le plus tôt possible des négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc en conformité avec la résolution onusienne 2414 adoptée en avril dernier par le Conseil de sécurité».
«  Le conflit sahraoui est inscrit sur l’agenda du Conseil de sécurité depuis 1975 », rappelle le représentant du Front Polisario, indiquant que «le Maroc, puissance occupante, a toujours assujetti les négociations à des conditions préalables, ce qui a toujours entravé le processus de paix onusien ».
Contrairement au royaume du Maroc, le Sahara occidental, à travers le Front Polisario, a constamment réitéré son engagement à entrer dans des négociations directes avec le Maroc. Une position assortie de délais, pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination conformément aux résolutions onusiennes concernant la décolonisation. Il a, dans ce contexte, appelé à la reprise « immédiate » du processus onusien, en s’appuyant sur les efforts de la Minurso. « Les Sahraouis aspirent à ce que le Conseil de sécurité puisse assumer ses engagements, pour parachever le processus de décolonisation du Sahara occidental », a insisté le représentant du Front à l’ONU. S’agissant de la Minurso, mission onusienne pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination, dont le mandat a été récemment renouvelé pour six mois, Sidi Mohamed Omar mise sur les efforts de la Minurso, en coopération avec l’Union africaine, pour trouver une issue à la question sahraouie. Les Sahraouis, pour rappel, se sont réjouis de la prolongation du mandat de la Minurso de six mois car désormais il pourrait servir de «levier» pour assurer un « retour rapide » des parties au conflit à la table des négociations.