Que se passe-t-il du côté de Guerguerat ? Les informations sont rares sur les échanges armés qui ont éclaté entre le Polisario et l’armée marocaine depuis que cette dernière a violé, vendredi dernier, le cessez-le-feu en vigueur depuis plus de 30 ans dans cette zone tampon ultra-sensible. Elles ont pour source les parties belligérantes et ne permettent pas d’avoir une idée claire de l’évolution des hostilités. La mission onusienne au Sahara occidental affirme qu’« il est extrêmement difficile de vérifier la réalité des informations diffusées de l’un ou de l’autre côté ». La Minurso se dit également confrontée à des problèmes d’accès sur le terrain et a limité ses déplacements ces derniers mois, basant désormais l’essentiel de ses observations sur des images satellites.
L’agence officielle marocaine MAP, indique l’AFP, a repris dimanche soir les informations d’un site non officiel dédié aux Forces armées royales (FAR) pour annoncer des échanges de tirs le long du mur de défense, sans donner de localisation précise. Selon le forum « FAR-Maroc », le Polisario a effectué « des tirs de harcèlement le long de la ligne de défense sans causer de dégâts » et l’armée marocaine a « riposté », occasionnant « la destruction d’un engin porte-armes à l’est de la ligne de défense », au niveau de Mahbès, près de la frontière algérienne.
La Mission de paix de l’ONU, la Minurso, « a reçu des informations des deux parties sur des tirs à différents endroits durant la nuit », a précisé, pour sa part, lundi, un porte-parole de l’ONU au cours d’un point de presse à New York. La Minurso « continue d’exhorter les parties à la retenue et à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire diminuer la tension », a-t-il ajouté. De son côté, le ministère sahraoui de la Défense a affirmé que les forces du Polisario ont mené lundi des « attaques massives » contre le mur de défense marocain, le « mur de la honte » selon sa terminologie. Il fait état de « tirs et de pilonnage » visant les secteurs d’Amlaga, Haouza, Al Farcia, dans le nord du territoire, et les secteurs de Baggari et Oum Dreyga.
Sur le plan diplomatique, on apprend que le roi du Maroc Mohamed VI dit qu’« il restait attaché au cessez-le-feu » lors d’un entretien téléphonique lundi avec le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. « La fin de la guerre est liée désormais à la fin de l’occupation illégale » de la partie sous contrôle marocain, a déclaré, de son côté, lundi le responsable sahraoui Mohamed Salem Ould Salek. Jusqu’à hier, on ne savait quand le Conseil de sécurité allait se réunir pour examiner les développements du conflit. Au Sahara occidental, l’absence d’un envoyé spécial des Nations unies au Sahara occidental, un poste vacant de la démission de l’Allemand Horst Köhler au printemps 2019, officiellement pour des raisons de santé, a aggravé un statu quo devenu intenable, selon les Sahraouis.