Le secrétaire général du Polisario et président de la Rasd, Brahim Ghali, a procédé hier à une revue des troupes devant participer aux manœuvres militaires, prévues depuis hier à la « 7e Région militaire » dans la région désertique d’Aghouinit dans les territoires sahraouis libérés.

« Au monde entier, on veut transmettre un seul message : nous sommes sur nos territoires libérés et restons attachés à notre patrie, ainsi qu’à la libération de toute partie qui est toujours sous occupation marocaine », a déclaré le président de la Rasd à Reporters.

Comme nous l’avons constaté sur place, le Président sahraoui était accompagné du ministre de la Défense Abdallah Lahbib, du Premier ministre, Abdelkader Taleb Omar, ainsi que du président du Parlement sahraoui Khatri Addouh. D’autres personnalités et cadres dirigeants du Polisario étaient également présents à cette revue des troupes avant le début des manœuvres auxquelles participent les troisième et première régions militaires, appelées respectivement Midjek et Douguedj, a-t-on appris. Des unités d’infanterie, de défense anti-aérienne, ainsi que des blindés participent à ces manœuvres. Selon les observateurs, les manœuvres militaires sont destinées à rappeler au Maroc ainsi qu’à la communauté internationale que les Sahraouis accordent une place stratégique au processus de règlement du conflit sous les auspices des Nations unies, mais qu’ils n’abandonnent pas l’option militaire, prête à être réactivée si ce processus continue à être piétiné par Rabat. Brahim Ghali s’est, d’ailleurs, fait un point d’honneur à adresser un nouvel avertissement « face à l’évolution de la situation à Guerguerat ». Il a adressé un appel au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pour une évaluation du terrain dans cette zone tampon, dans laquelle des forces marocaines avaient récemment pris position avant qu’elles ne se retirent après que les forces sahraouies y furent déployées à leur tour « pour répondre à la provocation du Maroc », avaient déclaré des responsables de la Rasd. L’appel de Brahim Ghali est intervenu après la décision du Conseil de sécurité, en 2016, d’envoyer une commission technique dans cette zone qui a été le théâtre de fortes tensions entre les parties en conflit.