Par Kahina Terki
Le Groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des Droits humains au Sahara occidental compte organiser, aujourd’hui, 22 septembre, une conférence de presse réunissant des défenseurs internationaux et des victimes sahraouies de la répression marocaine. Ce rendez-vous avec les médias sera l’occasion de lancer aussi une campagne mondiale sous le signe mobilisateur d’«Aucun Sahraoui ne sera oublié», pour appeler à la protection des Sahraouis ciblés au Sahara occidental par les services de police et de renseignement marocains.
Lundi, 20 septembre, le Groupe a pressé la communauté internationale d’«agir» pour aider à mettre fin à la crise humanitaire et des Droits de l’homme au Sahara occidental occupé «en envoyant un message clair au Maroc qu’il ne peut pas agir en toute impunité». Constitué de 300 organisations membres du monde entier, il lance «un appel urgent à la communauté internationale pour protéger les défenseurs des Droits de l’homme, les journalistes et les prisonniers politiques sahraouis dont la vie est en danger en raison de la brutale campagne de répression lancée par le Maroc après la reprise du conflit armé au Sahara occidental en novembre dernier». Il appelle, également, à «une action urgente de la communauté internationale pour aider à mettre fin à la crise humanitaire et des droits de l’homme au Sahara occidental occupé en envoyant un message clair au Maroc qu’il ne peut pas agir en toute impunité».
L’interdiction quasi-totale par le Maroc des observateurs internationaux des droits humains et des médias, ainsi que l’absence de mandat relatif aux droits humains de la mission de maintien de la paix des Nations unies au Sahara occidental (Minurso), ont enhardi les autorités marocaines à perpétrer des violations systématiques et flagrantes des droits humains sans crainte apparente des conséquences, déplore le Groupe, qui s’engage pour une nouvelle mobilisation auprès des instances internationales.
Les Sahraouis «ont été abandonnés par la communauté internationale», selon ses membres, aux yeux desquels l’objectif de la campagne de mobilisation qui sera lancée est de briser le silence autour du Sahara occidental. «Les Sahraouis sous occupation ont besoin de notre aide maintenant. Le Maroc doit savoir qu’il ne peut pas continuer à violer les lois internationales humanitaires et des droits de l’homme en toute impunité», soulignent-ils.
«Manipulation grossière»
La campagne prévoit des manifestations dans le monde entier devant des institutions clés, une campagne d’écriture de lettres destinées aux principaux décideurs, des exposés sur les médias sociaux et de nombreuses autres actions, indiquent-ils, provoquant une réaction de l’ambassadeur du Maroc à Genève. Omar Zniber a prétendu que les indépendantistes sahraouis étaient encadrés par des instructeurs du Hezbollah. En réaction à ces allégations, l’ambassadeur algérien Amar Belani, envoyé spécial pour le dossier du Sahara occidental, a dénoncé une «manipulation grossière» «L’ambassadeur marocain dont vous citez le nom, tout comme son prédécesseur, sont des stakhanovistes de la manipulation grossière. Ils sont passés maîtres dans l’art de recycler les mensonges éhontés de leur ministre qui avait inventé de toutes pièces, en mai 2018, la fable grotesque des instructeurs du Hezbollah ; celle-ci avait été déconstruite et démentie dans les faits», a-t-il répondu à une question de journaliste.
«L’on se souvient que le royaume du Maroc était à la recherche d’un prétexte pour annoncer la rupture des relations diplomatiques avec un pays du Moyen-Orient et engranger ainsi des dividendes auprès de certains partenaires régionaux et extrarégionaux. Tout ceci, pour dire que la corde du mensonge est courte, que les propos de l’ambassadeur marocain sont sans intérêt et que la mobilisation à Genève va prendre de l’ampleur pour dénoncer la répression, les violations méthodiques et délibérées des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental», a déclaré Amar Belani. n