L’ONG Amnesty international a appelé l’ONU et le Conseil de sécurité à doter la Minurso d’un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés dans le but de rendre compte des violations marocaines.
«Au cours de la dernière décennie, le Conseil de sécurité des Nations Unies a ignoré les appels d’Amnesty International et d’autres à inclure une composante droits humains à la MINURSO, ce qui permettrait de surveiller et de rendre compte des violations des droits humains, comme le font la grande majorité des missions comparables de l’ONU autour du monde», a déploré l’ONG, dans un article publié lundi sur son site.
«Cela doit changer», a lancé l’ONG, notamment, avec ce qui semble être «une nouvelle phase» du conflit du Sahara occidental, avec une reprise des combats «mettant en danger les civils et une répression intensifiée».
«Aujourd’hui plus que jamais, une surveillance et des rapports impartiaux et indépendants des Nations Unies sur les droits de l’Homme au Sahara Occidental sont désespérément nécessaires», a insisté l’organisation.
L’urgence de mettre en place un tel mécanisme s’explique, selon Amnesty International, par le fait que l’accès aux territoires sahraouis occupés est devenu ces dernières années «de plus en plus difficile» pour les observateurs internationaux, car «la situation des droits de l’Homme a continué de se détériorer».
«En 2020, les autorités marocaines ont empêché au moins neuf avocats, militants et politiciens d’accéder au Sahara occidental. Les journalistes se sont également vu refuser l’accès», a relevé l’ONG, indiquant que «les journalistes se sont également vu refuser l’accès».
Evoquant l’agression marocaine, du 13 novembre dernier contre des civils sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat au Sud-ouest du Sahara occidental, l’ONG de défense des droits de l’Homme, a indiqué que les affrontements entre le Maroc et le Front Polisario s’intensifient, et les militants sahraouis des droits humains et les partisans de l’autodétermination «subissent une pression accrue» des autorités d’occupation.
«Les organisations locales de surveillance de la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental ont également signalé qu’au moins quatre Sahraouis avaient été arrêtés à Laâyoune dont une jeune fille de 12 ans arrêtée le 19 novembre», a dénoncé l’ONG.
Selon ces organisations locales, ajoute Amnesty, «l’opération militaire marocaine a été suivie d’une répression des militants sahraouis par la police marocaine, comprenant des descentes contre des maisons, une surveillance accrue et des arrestations».
«Entre le 13 et le 21 novembre, la police marocaine a encerclé et surveillé de près les maisons de plusieurs militants et journalistes sahraouis, notamment dans les villes de Laâyoune et Boudjedour. Parmi les personnes ciblées figurent les militants Mahfouda Lefkire, Nazha El-Khalidi et Ahmed Ettandji», a dénoncé l’ONG.
Inscrit depuis 1966 à la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.(APS)