Alors qu’il devait accoster vendredi dernier au port de Fécamp (Seine-Maritime), pour livrer une cargaison composée notamment d’huile de poisson, qui provenait de la pêche réalisée dans les eaux territoriales du Sahara occidental, le navire Key Bey n’est arrivé que lundi en France.

Cette livraison, «n’est pas conforme au droit de l’Union européenne (UE)», affirme pour la énième fois l’Observatoire des ressources naturelles du Sahara occidental, Western Sahara Resource Watch (WSRW). Selon cette ONG, la réglementation de l’UE stipule que «toute importation de produit de consommation doit provenir d’un pays figurant sur une liste préétablie», alors que les autorités espagnoles ont déjà confirmé que la cargaison du Key Bey provient du Sahara occidental qui n’en fait pas partie, souligne l’observatoire dans un communiqué rendu public hier. Le WSRW estime par ailleurs que l’huile de poisson à bord du navire en question provient «très probablement» de l’entreprise KB Fish, qui se trouve sur les territoires du Sahara occidental annexé depuis 1975 par le Maroc, comme confirmé par la Cour de justice européenne (CJUE), en décembre dernier. KB Fish, d’où provient l’huile de poisson transportée par Key Bey, se trouve à El Ayoune, ajoute WSRW, qui dénonce que KB Fish ait été ajouté à la liste des «exportateurs approuvés par l’UE», lors de sa mise à jour le 9 janvier en cours, soit, après la décision de la CJUE. Le 21 décembre dernier, un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a interdit l’importation de produits issus de l’exploitation «illégale» des ressources naturelles du Sahara occidental. Le verdict affirmait que les accords d’association et de libéralisation de l’UE avec le Maroc ne sont pas «applicables» au Sahara occidental. La même Cour a également distingué le peuple du Sahara occidental du peuple marocain, par conséquent, le peuple sahraoui doit donner son consentement pour tout ce qui concerne ses ressources naturelles. Sur cette base, l’accord commercial liant le Maroc à l’UE ne peut pas inclure le territoire du Sahara occidental sans le consentement préalable du peuple sahraoui.
Récemment, le Front Polisario a demandé à la Commission européenne et aux autorités douanières que soit «dressé un procès-verbal du caractère illégal de cette exportation», et que la «cargaison soit saisie conformément aux prescriptions du droit douanier européen». La plainte vise, en effet, deux infractions, à savoir la discrimination économique et la fraude. Une seconde plainte a été déposée devant la «Direction interrégionale des douanes du Havre» et vise l’infraction d’importations de marchandises sans déclaration d’origine valable et la violation du règlement européen (CE) n°136/2004 du 22 janvier 2004 fixant les procédures des contrôles vétérinaires aux postes d’inspection frontaliers. Quand à Jean-Paul Lecoq, maire de Goncreville-l’Orcher (Seine-Maritime), ville jumelée avec J’Réfia au Sahara occidental, il a ajouté avoir «adressé un courrier à Bernard Cazeneuve, actuel Premier ministre, pour lui demander de faire respecter le droit international.