Il y a trois jours, le Maroc a adressé une «sévère» mise en garde à l’UE, l’appelant à mettre «pleinement»  en œuvre l’accord agricole avec le royaume «sous peine d’en subir les conséquences».


L’Union européenne a-t-elle cédé à la menace du Maroc de lâcher les « migrants » sur son territoire si elle ne reconsidérait pas la décision de la justice européenne sur le gel de l’accord agricole ? Manifestement, c’est le cas, à la faveur de la déclaration conjointe, publiée hier, de la Haute représentante et vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, et le ministre délégué aux Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, faite à l’issue d’une rencontre consacrée à l´évolution des relations entre le Royaume et l´Union européenne, avec la participation du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Il y a trois jours, le Maroc a adressé une «sévère» mise en garde à l’UE, l’appelant à mettre «pleinement» en œuvre l’accord agricole avec le royaume «sous peine d’en subir les conséquences», non sans avertir l’Europe que «toute entrave à l’application de cet accord est une atteinte directe à des milliers d’emplois d’un côté comme de l’autre», et de prédire des «conséquences» migratoires fâcheuses pour l’UE, qui sera, selon le Maroc, «exposée à un véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d’un effort soutenu, a réussi à gérer et à contenir». En réponse, l’UE rappelle que « les deux parties demeurent attachées à ce partenariat [accord agricole] et engagées à le défendre. Ce partenariat entre l’Union européenne et le Maroc est le fruit d’une construction patiente de près d’un demi-siècle.
C’est un partenariat modèle, riche et multidimensionnel. L’Union européenne et le Maroc sont déterminés à le préserver et à le développer, dans ses différentes dimensions ».
L’Union européenne et le Maroc discutent justement de cet accord et cherchent à s’entendre sur les arrangements nécessaires à sa poursuite et à son développement. « Dans l’attente de la conclusion de ces discussions, des mesures appropriées seraient prises si nécessaire pour sécuriser la mise en œuvre de l’Accord de libre échange des produits agricoles transformés et produits de la pêche entre l’Union européenne et le Maroc en vigueur et préserver les acquis du partenariat dans ce domaine », affirme l’UE. Pour rappel, signé en 2012, cet accord de libre-échange réciproque sur des produits agricoles et de la pêche avait été invalidé en décembre 2015 par le Tribunal de l’UE après un recours du Front Polisario contestant l’inclusion du Sahara occidental dans le traité.