Le prétexte : Le Front Polisario fête ses 45 ans d’existence, il est né le 10 mai 1973. La déclaration : son secrétaire général et président de la Rasd affirme que la « victoire n’est qu’une question de temps ». Jeudi dernier à Aousserd dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, Brahim Ghali a affirmé que son peuple « résiste et croit encore en la justesse de sa cause ».

Le peuple sahraoui, qui résiste et qui demeure attaché à son droit à l’indépendance et à la liberté, finira par « vaincre», a-t-il soutenu. Pour M. Ghali, la victoire n’est qu’une « question de temps même si la situation exigerait de nouveaux sacrifices ». Ses déclarations interviennent quelques jours après les déclarations marocaines impliquant l’Iran, pays avec lequel Rabat a rompu les relations le 1er mai dernier, et accusant de manière surprenante Téhéran d’une livraison d’armes aux indépendantistes sahraouis via son ambassade à Alger.
«Ces allégations sont le signe de la déconvenue du Maroc à l’ONU et à l’UA » au sein desquelles le Polisario a réalisé d’importants succès politiques et diplomatiques, a estimé le leader sahraoui qui ajoute que toutes les tentatives du Maroc d’exclure les Sahraouis de ces organisations ont échoué. Ces « manœuvres », a ajouté Brahim Ghali, sont une nouvelle provocation à laquelle les Sahraouis ne répondront pas, sauf à faire valoir leur droit à l’autodétermination dans le cadre politique et diplomatique qu’ils ont choisi d’adopter. « Les réactions nerveuses, les tentatives de déformation et les inventions délibérées ne nous empêchent guère d’avancer, et nous n’y répondrons jamais car leurs objectifs sont connus », a-t-il déclaré avant de souligner « la solidité de la position sahraouie » et « la force de la résistance intérieure dans les territoires occupés et dans les prisons». Pour M. Ghali, « la résistance se poursuivra et le droit finira par triompher quelles que soient les difficultés », a-t-il souligné.
S’agissant de la position de l’Algérie sur la cause sahraouie, elle « n’a jamais été ébranlée en dépit des difficultés et des conspirations qu’elle a subies », a déclaré le président de la Rasd. Les relations entre les deux pays, a-t-il assuré, ne seront jamais bouleversées, a-t-il poursuivi dans une réponse indirecte à ceux qui ont cru que les dernières déclarations marocaines sur un prétendu rapprochement entre l’Iran et le Polisario jetteraient un doute dans l’esprit des responsables algériens. « Nous, et l’Algérie, sommes un seul peuple, et notre alliance est éternelle, basée sur les principes et le sort commun. Nous demeurerons ainsi jusqu’au recouvrement total de la souveraineté sur l’ensemble du territoire sahraoui », a clamé le président Ghali, soulignant qu’aucune « force ne pourra influencer ce processus » jusqu’à ce que le peuple sahraoui obtienne son indépendance ».

Soutien international
Les indépendantistes comptent également sur la solidarité internationale pour faire admettre la justesse de leur cause, notamment auprès des opinions européennes et occidentales. A ce propos, des militants espagnols présents aux festivités invitent leur gouvernement à reconnaitre la Rasd. Conduits par le président du Parlement des Iles de Baléares, Baltasar Picornell, ils ont réitéré leur entière disponibilité à soutenir la question sahraouie et le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination en organisant en Espagne des manifestations de soutien et des actions de solidarité au profit des réfugiés sahraouis. La délégation se dit mobilisée pour poursuivre la lutte jusqu’à la reconnaissance par le gouvernement espagnol du gouvernement sahraoui et l’ouverture d’une ambassade sahraouie à Madrid et l’application du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Les militants espagnols, qui ont exprimé leur « préoccupations » sur le statu quo que connaît la cause et qui ne profite qu’à Rabat, ont pris l’engagement de soutenir la cause du peuple sahraoui en Espagne et en Europe jusqu’à l’indépendance du Sahara occidental. C’est dans ce sens qu’ils invitent les deux parties en conflit à reprendre dans les brefs délais le processus de négociations en vue de l’application du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
En Afrique du Sud, le parti politique d’extrême gauche fondé en 2013, The Economic Freedom Fighters (EFF), a célébré la création du Front Polisario devant l’ambassade du Maroc à Pretoria, où il a dénoncé « l’occupation illégale du Sahara occidental ». Le secrétaire général du parti, Godrich Gardee, a qualifié le Maroc de la « nouvelle Europe qui colonise les peuples africains. Ce parti a récemment interpellé l’Association sud-africaine de football (Safa) pour ne pas soutenir la candidature du Maroc à la Coupe du monde 2026 en raison de son « occupation illégale au Sahara occidental ». « Le Maroc, qui ne croit pas aux valeurs de l’autodétermination, continue d’assujettir le peuple du Sahara occidental via l’occupation illégale », dénonce EFF qui reproche au Maroc de « ne pas laisser aboutir les tentatives de la communauté internationale pour assurer la décolonisation du Sahara occidental et le droit de son peuple à l’autodétermination ».