Par Hamid Bellagha
Le Président de la République a présidé, dimanche, la désormais classique réunion du Conseil des ministres, consacrée cette fois à l’examen et à l’adoption du projet de loi relatif à l’activité audiovisuelle et celui relatif aux conditions et modalités d’octroi de concessions pour la réalisation de projets d’investissement, ainsi que le taux d’avancement du projet de réalisation de cinq nouvelles stations de dessalement d’eau de mer, du projet de création de la Banque de l’habitat et d’ouverture d’agences bancaires à l’étranger.
Pour ce dernier point, Tebboune a confirmé l’intention offensive algérienne sur les marchés africains surtout, ceux européens et d’ailleurs, plus difficiles à investir, et cette fois, l’ouverture d’agences bancaires algériennes à l’étranger semble filer droit vers une matérialité. Les cadors des banques algériennes, qui font actuellement les beaux jours des institutions bancaires installées en Algérie, n’ont plus rien à prouver. Un salaire plus attrayant et une liberté d’action ont été l’aimant attractif pour « sauter » d’un CPA ou d’une BEA vers une Société Générale ou une Baraka.
L’ouverture d’agences bancaires à l’étranger ne serait donc pas aussi ardue, nos cadres faisant leurs preuves depuis des années. Cette ouverture financière vers l’Afrique aura le double mérite de placer un pied dans la finance africaine, riche de capitaux qui ne demandent qu’à être placés, en plus de raffermir la position de l’Algérie autrement que dans le domaine des hydrocarbures.
L’offensive algérienne ne sera pas une partie de plaisir et nos argentiers ne partiront pas la fleur au fusil, loin de là. Une concurrence rude et féroce sera leur premier adversaire. Il faut savoir que plusieurs pays africains, notamment l’Egypte, le Maroc et l’Afrique du Sud sont déjà installés depuis des lustres dans le continent noir. A ceux-là, il faut rajouter les banques françaises, surtout sans oublier les chinoises, les israéliennes et les russes.
Il ne faut pas oublier non plus que les banques africaines se sont modernisées à un degré que l’on ne soupçonne pas et que les agences algériennes, candidates à l’émigration, ne partiront aucunement en terre conquise. Le Kenya, par exemple, jouit d’une hiérarchie appréciable dans la numérisation de ses transactions financières à tel point que la monnaie traditionnelle est en train de céder le pas au tout-informatique. Le Ghana a aussi, tout comme d’autres pays africains, adopté le numéraire numérique abandonnant peu à peu le fiduciaire classique.
C’est dire que l’intention d’investir financièrement le marché africain n’est pas une mince affaire, mais qu’il est temps de s’y atteler afin de combler le retard abyssal pris sur d’autres pays.