La 9e édition du Festival du théâtre arabe Azzedine-Medjoubi a pris fin jeudi soir au Théâtre régional de Mostaganem Djilali-Benabdelhalim, en présence du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi et des walis d’Oran et de Mostaganem, Abdelghani Zaâlane et Temmar Abdelwahid.

Le jury, présidé par le Soudanais Youcef Aydabi, a décerné le grand prix «Sultan Mohamed El Kacimi» à la pièce marocaine Kharif d’Asmaa Houri de la compagnie Anfass, créée en 2010. Fatima Zahra, l’une des comédiennes de la pièce théâtrale, nous a confié que «le choix du titre El Kharif fait allusion à ses pertes que nous ne pourrons jamais retrouver. Notre pièce a changé le regard des Marocains sur les personnes atteintes de cette maladie, à savoir le cancer. A chaque spectacle, le public ressort en se posant des questions». Elle a ajouté ensuite que la perte de Fatima Houri, la sœur du metteur en scène, «nous a permis de nous dépasser, car c’est une responsabilité énorme de lui rendre hommage ainsi qu’à toutes les personnes qui ont perdu la vie à cause du cancer». «Ça fait vraiment chaud au cœur de recevoir un retour du public qui nous félicite pour cette pièce. Cela nous permet de continuer dans cette voie et aussi de développer ce travail et ce métier», a-t-elle également noté. Quatre productions ont été nominées pour le prix «Sultan Mohamed El Kacimi», à savoir la pièce algérienne Thoulth el khali, Oh Dieu ! (Irak), El Kalaâ (Koweït) et Automne (Maroc). Par ailleurs, Ismaïl Abdelallah, secrétaire général de l’instance arabe du théâtre, a attribué un prix de reconnaissance au président de la république Abdelaziz Bouteflika, remis au ministre de la Culture. Après un mot de remerciement, Mihoubi a déclaré que «cette édition a été une réussite, car elle s’est déroulée dans une ambiance vivante et une compétition exemplaire». Cependant, un hommage très spécial a été rendu à Fateh Annour, grand homme du théâtre que l’Algérie a perdu récemment. Les membres de sa famille, présents dans la salle, sont montés en larmes sur scène pour recevoir les hommages du ministre de la Culture et des walis d’Oran et Mostaganem. Les lauréats du meilleur texte pour enfant, le meilleur texte théâtral pour les grands et les recherches scientifiques théâtrales ont été également récompensés. Dans une déclaration à la presse, en marge de la cérémonie de clôture, Azzedine Mihoubi a annoncé qu’un programme a été élaboré dans le cadre de la manifestation «Mostaganem, capitale du théâtre 2017» marquant le 50e anniversaire du festival national du théâtre amateur. «Ce programme devant s’étaler sur une année, sera annoncé au mois de mars prochain, impliquera toutes les parties concernées par le 4e art», a-t-il indiqué. Par ailleurs, le ministre a fait état de l’entame d’une étape visant la réforme du secteur de la culture en général. «Des réformes structurelles et d’autres dans les mécanismes, des conceptions et de la gestion. Nous avancerons par étape dans la révision des textes et des mécanismes de gestion», a-t-il assuré, tout en estimant que «le théâtre public a besoin d’être revu par la voie de la concertation, du dialogue et de la présentation d’idées nouvelles avec tous les partenaires et aussi de l’entreprise théâtrale pour garantir la pérennité de la pratique théâtrale».
Dans ce sens, il a indiqué que l’élaboration d’un cahier des charges est envisagée pour être applicable à tous les théâtres. Le ministre a appelé les gestionnaires de ces établissements à chercher des sources de financement supplémentaires.
«L’homme de théâtre ne doit pas réfléchir avec une logique de fonctionnaire mais celle d’un professionnel», a-t-il estimé.
Pour rappel, la 9e édition du Festival du théâtre arabe, qui a été dédiée au martyr du 4e art
algérien Azzedine Medjoubi, assassiné en 1995, a pris fin, tard dans la nuit du jeudi à vendredi, à la maison de la culture de Mostaganem après dix jours d’activités diverses et variées abritées par les wilayas d’Oran et Mostaganem. Huit pièces étaient en lice pour décrocher le prix du sultan Ben Mohamed Kassimi et huit autres hors compétition.n