La situation sanitaire en Algérie ne peut plus s’accommoder d’alertes. L’heure est grave, très grave. Chaque jour apporte son lot de nouveaux contaminés et, surtout, de nombreux décès. Les chiffres officiels sont de plus en plus remis en cause. Les spécialistes ne cessent de les dénoncer et le dernier à monter au créneau est le professeur Rachid Belhadj, Directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Bacha (Alger). Son intervention, hier, sur les ondes de la Radio nationale (Chaîne I) ne pouvait pas passer inaperçue.
Il a ainsi réitéré ce que de nombreux collègues à lui affirment depuis quelque temps déjà, sur le fait que les statistiques officielles sont loin de refléter la vérité du terrain. Il a ainsi affirmé que 18 décès ont été enregistrés «la nuit dernière dans le seul hôpital Mustapha-Bacha». Un chiffre qui vient contredire le bilan du ministère de la Santé divulgué hier après-midi. Vingt et un décès ont été annoncés pour ces dernières 24 heures. S’il fallait se fier à cette «donnée», il y aurait eu ainsi uniquement trois décès dans toute l’Algérie, mis à part l’hôpital dans lequel exerce Rachid Belhadj ! Ce qui serait illogique et impensable même. Il suffit juste de tendre un peu l’oreille pour entendre les cris de détresse de nombreuses familles algériennes. Dans plusieurs régions du pays de nombreux décès sont signalés quotidiennement et à un rythme infernal. La riposte est une urgence. Pour le Professeur, la solution est l’état d’urgence sanitaire.
En écho, et quelques heures après, suite au Conseil des ministres présidé par le Président Tebboune, une décision est tombée. C’est le retour du confinement partiel à domicile de 20H à 6H dans les wilayas les plus touchées par la pandémie. Nécessaire, mais toujours peu, face à ce qui se passe.
Si tout cela n’était pas suffisant, voilà qu’une autre information est venue casser la «nonchalance» que certains arborent encore. En parallèle, l’Institut Pasteur-Algérie, dans un communiqué mis en ligne sur son site, alertait sur le danger de plus en plus grandissant du variant Delta. Ce dernier s’est propagé, depuis le début du mois de juillet, à une vitesse vertigineuse au point qu’il représente 71% des virus en circulation. L’avenir, proche, est loin d’être rassurant. L’institut évoque une propagation qui atteindra les 90%…
Cependant, l’heure n’est pas à la psychose, ni à la débandade. L’espoir reste omniprésent. L’union de tous est indispensable. Les feux de la vie ont toujours fait jaillir des miracles.