La ministre de la Culture Malika Bendouda a donné des directives au Centre national de recherches archéologiques (CNRA) pour l’ouverture d’une enquête, suite au saccage par des inconnus d’une mosaïque de près de 15 siècles, découverte, il y a quelques jours, dans la commune de Négrine, à 120 km au sud de Tébessa, annonce un communiqué du ministère de la culture cité par le site électronique El Bilad.

Il est précisé dans ce communiqué que la ministre de la Culture a chargé le CNRA  de désigner des experts pour mener cette enquête en collaboration avec les autorités locales concernées afin de faire toute la lumière sur cette affaire et définir la responsabilité de chacun. Il est aussi souligné, dans ce communiqué, que cette découverte est le résultat de fouilles archéologiques sans autorisation officielle par des personnes qui ne sont pas habilitées pour ce genre de fouilles. Suite à la signalisation de la découverte par des volontaires d’une association locale, la direction de la culture de la wilaya de Tébessa s’est chargée de la sécurisation des lieux de la découverte dès le 6 janvier,  mais suite à une tentative de vol, le 8 janvier dernier par des inconnus,  cela a conduit au saccage de la mosaïque. Il est également annoncé dans le communiqué que dès aujourd’hui, soit le 13 janvier, des experts du CNRA seront chargés de transférer ce qui reste de la mosaïque dans un lieu sécurisé en attendant les résultats de l’enquête.      Pour rappel, la direction de la culture de la wilaya de Tébessa avait alerté, le 11 janvier passé, le ministère de la Culture sur le saccage de la mosaïque.
La même source a indiqué à l’APS que cette mosaïque avait été découverte par des membres de l’Association communale pour la protection du patrimoine et la préservation de l’environnement et les ruines, signalant que les autorités avaient été informées de cette grave atteinte au patrimoine.
Selon le premier constat effectué par les archéologues de la direction de la culture, cette mosaïque antique faisait partie d’un monument funéraire datant du IVe ou Ve siècle après J.-C. Rappelons également que plusieurs appels ont été lancés par le passé par les responsables locaux de la culture sur la nécessité de renforcer la préservation des mosaïques antiques de la région. En mars 2018, lors d’une journée d’étude organisée par la direction de la culture de la wilaya de Tébessa, les participants ont mis l’accent « sur la nécessité de préserver les mosaïques, considérant que celles-ci représentent un art décoratif ancien, utilisé par des civilisations antérieures pour mettre en exergue certains rituels de l’époque». La wilaya de Tébessa recèle de nombreux sites archéologiques riches en mosaïques, dont environ 14 sont situés au niveau de l’ancien palais situé dans le chef-lieu et dans la basilique Saint-Crispin, en sus d’autres tableaux en mosaïque encastrés dans les cloisons des musées de Theveste et  Minerve, mais aussi sur les colonnes en béton armé.n