Le sélectionneur national Djamel Belmadi a animé une conférence de presse hier au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa. Bien évidemment, il a évoqué la sortie importante d’aujourd’hui (17h) contre le Burkina Faso. Aussi, il a parlé de l’importance de disputer la Coupe du Monde 2022 au Qatar qui sera «grandiose», ainsi que sa présence sur le banc de l’Algérie pour d’autres années à venir. Et, sur ce dernier point, l’enthousiasme doit être mesuré. Décryptage.

Par Mohamed Touileb
Il était venu pour vivre de grands moments avec la sélection. Et c’est ce qui s’est passé avec cette consécration lors de la CAN-2019 en Egypte. Désormais, Belmadi a coché une autre case comme objectif : jouer le Mondial 2022 au Qatar. Pour cela, il faudra franchir l’obstacle du Burkina Faso avant d’éventuels barrages en mars prochain.
L’alignement des étoiles
«On sait que c’est un match décisif pour se donner la possibilité d’aller jouer la double confrontation de mars. En gros on est à trois matchs de la coupe du monde. Faire le nécessaire demain nous permettra d’être e course pour les matchs de mars. Le match de demain, on connait tous son importance», a indiqué le driver de l’EN hier. L’intention de disputer un tournoi planétaire avec l’Algérie n’est pas récente. «Je n’ai pas eu la chance de connaître ça en tant que joueur. En 2010, j’aurais pu revenir en sélection mais je me suis fait opérer une dernière fois au genou. J’ai eu un coup de fil en 2009. Mais ça ne s’est pas fait», indique-t-il en révélant qu’«en 2010 alors que je démarrais ma carrière de coach, on s’était dit que ce qui nous fait rêver Aziz et moi, c’était l’équipe nationale d’Algérie. Je lui ai dit : ‘’imagine qu’on pourrait le faire avec l’Algérie‘’. Les planètes semblent s’aligner».
Proximité avec Zetchi, distance avec Amara
Aujourd’hui, l’ancien coach d’Al-Duhail SC (Qatar) n’a perdu qu’un seul match en 35 tests avec l’EN. Il a pu aligner une série d’invincibilité de 32 rencontres. Il est clairement la providence de la sélection et on aimerait qu’il reste ne poste pour longtemps. En réaction à la déclaration de Charaf-Eddine Amara, président de la Fédération algérienne de football (FAF), qui avait déclaré qu’une éventuelle prolongation de Belmadi prendrait 5 minutes, l’intéressé dit : «je n’ai pas envie de tirer des plans sur la comète. Il y a le match de demain, la CAN et une éventuelle Coupe du Monde. Il (Amara NDLR) a dit que ça se réglera en 5 minutes en se basant sur ma première signature il y a 3 ans. Il nous reste du temps et on aura le temps de réfléchir». Aussi, l’ancien numéro 10 de l’EN a précisé que «cela n’a rien à voir avec l’aspect financier du contrat. C’est plus une question de ce que je serais en mesure d’apporter en plus pour la sélection». S’il évoque le contrat signé en 5 minutes chrono avec Kheireddine Zetchi, ancien patron de la FAF, c’est comme pour dire que les relations avec son successeur ne sont pas aussi «étroites». Cela peut jouer pour l’avenir.
Une fonction qui use
Par ailleurs, Belmadi fait remarquer, même si c’était sur un ton candide, qu’«on (lui et son staff) n’était pas comme ça (physiquement). En trois ans on a pris de l’âge. Je n’ai pas envie de finir en hospice». Comme pour dire qu’être sélectionneur de l’Algérie et devoir constamment répondre à certaines attentes est usant mentalement et physiquement. Comprenez donc que le technicien de 45 ans n’est peut-être pas prêt à repartir pour un tour. Cependant, il est focalisé sur l’instant présent et les prochaines échéances. Surtout le potentiel Mondial au Qatar qu’il juge comme étant «la dernière version de la ‘’vraie‘’ Coupe du Monde. Parce qu’on parle de la faire jouer tous les deux ans désormais. C’est quelque chose qui est difficile à atteindre et qui a du charme. C’est ce que je dis aux joueurs».
Pour l’entraîneur Algérien, «ça sera le meilleur Mondial de l’histoire. Je vis là-bas et je connais la capacité à organiser les évènements sportifs. On voit l’excellence et l’organisation. On en aura un aperçu lors de la Coupe Arabe qui sera une petite répétition». Belmadi s’y projette déjà. Mais est-ce au point d’envisager rester une fois le rêve qatari terminé ? Rien n’est moins sûr.

La conférence de Belmadi en vrac

La préparation du match face au Burkina Faso : 

«Rien n’est laissé au hasard. On sait que c’est un match décisif pour se donner la possibilité d’aller jouer la double confrontation de mars. En gros on est à trois matchs de la Coupe du Monde. Faire le nécessaire demain nous permettra d’être en course pour les matchs de mars. Le match de demain, on connait tous son importance. Oui je pense. Le résultat nous le dira si on les a bien étudiés. Mais c’est la moindre des choses».

Les difficultés rencontrées depuis qu’il est sélectionneur de l’EN : 

«Connaissant maison et mon pays, j’étais prédisposé avant de venir ici. Tous les problèmes auraient pu être évitables mais c’est la fonction. Et pas qu’en Algérie. Je fais avec et on travaille. On ne fait pas attention à ça. L’objectif c’est de progresser et amener l’EN le plus haut possible. Des fois quand on est dépité et que ça devient lourd, on se rappelle pourquoi on est là et on repart. On est là pour se faire respecter partout et aller à l’international pour prouver qu’on est une nation de football. Et dans la balance, ça pèse plus que tous les problèmes.

La pelouse  de Tchaker : 

«On était pressés de voir dans quel état elle était. J’ai déjà eu des échos avant de la découvrir dimanche lors de la séance d’entraînement. Elle est beaucoup mieux que les deux précédentes dates. Mais j’ai envie de dire que ce n’était pas très difficile. Elle est praticable et propice pour le football qu’on veut jouer.

Sur les provocations  des Burkinabés : 

«Il y a le carré vert, là où tout se passe. C’est là le plus important. Ils disent ce qu’ils ont envie de dire et font ce qu’ils ont envie de faire. La guerre psychologique ne nous atteint pas. On en a l’habitude et c’est le terrain qui va trancher. Je n’ai pas d’inquiétude sur la manière de jouer du Burkina même si par moments c’était limite. Après, il y a l’arbitre central, qui est de qualité. Et j’espère que le meilleur remporte».

Arbitrage : 

«Je constate les faits. Les fautes sur Belaili, Feghouli et Mahrez, qui a subi 3 fautes d’affilée par le même joueur. Dans quasiment tous les matchs il y a ça. Ce n’est pas un hasard. Pas très envie de m’épiloguer. Les joueurs le constatent aussi. Demain (aujourd’hui), il y aura un arbitre (Afrique du Sud) de niveau mondial. J’en suis heureux et satisfait. J’espère que je dirais la même chose à la fin de la partie. Je veux juste que l’arbitre soit juste. Je ne veux pas qu’il nous avantage. Je suis pour le fair-play et que chacun soit arbitré justement».

Retrouvailles  avec le public : 

«On est très heureux de retrouver les supporters. On sait qu’ils vont rentrer tôt pour nous voir. On pense à ça. Et je leur demande juste de respecter l’hymne national. Il y a d’autres préoccupations chez le citoyen sur lesquelles on ne peut pas agir. Mais pour ce qui est du foot, on essaie de faire de notre mieux. On essaie de promouvoir nos coutumes, nos mœurs et tout ce qui est en rapport avec l’Algérie».

Jouer ailleurs  que Tchaker : 

«C’était prévu que dès qu’on aura la qualif’ en Coupe du Monde on joue ailleurs. C’est un souhait qu’on a. Il y a des règles de sécurité à régler. Oran est le stade le plus prêt. Après mars, on va jouer ailleurs. On n’a joué qu’à Alger depuis trois ans. On peut jouer à Oran ou dans d’autres stades commodes».

Youcef Atal : 

«Atal ça fait longtemps qu’il ne joue pas. On connait ses qualités quand il est au top de son niveau. Sur la durée, ça fait longtemps qu’il n’a pas trouvé la plénitude de ses moyens physiques pour exprimer son talent. On a dû faire sans lui à la CAN. C’est aux remplaçants de s’affirmer et montrer qu’ils peuvent prendre le poste».