Une délégation du Fonds monétaire international (FMI) sera à Alger vers la mi-septembre, a-t-on appris d’une source sûre, proche de la communauté bancaire. Cette nouvelle mission du Fonds en Algérie s’inscrit dans le cadre du programme FSAP (Financial sector assessement programm) du FMI et de la Banque mondiale, a-t-elle ajouté.

En termes simples, la délégation du FMI se déplacera à Alger pour passer en revue le secteur financier algérien, en particulier pour un diagnostic du secteur bancaire national. A l’issue de cette mission, un rapport sur la stabilité financière de l’Algérie sera élaboré et soumis au conseil d’administration du Fonds. La délégation examinera notamment la solidité du secteur bancaire algérien, les règles de fonctionnement du secteur bancaire, les questions de réglementation bancaire et le dispositif de sécurité du système bancaire national. Le rapport constituera un instrument-clé de surveillance de la capacité de résistance du système bancaire national aux chocs extérieurs. Il sera pris en compte en particulier dans son volet recommandations lors des consultations au titre de l’article IV. Une seconde délégation du FMI se déplacera à Alger avant la fin de l’année dans le cadre de ces consultations et retiendra sans doute les principales conclusions du texte relatives au secteur financier algérien, notamment celles inhérentes au système bancaire national proposées au titre du FSAP, et qui seront discutées vraisemblablement avec les autorités financières algériennes dans les prochains mois. Il convient de signaler que cette mission est loin d’être liée à la situation politique du pays. Elle s’effectue en principe tous les cinq ans. La dernière en date remonte à 2013. Le programme du même type s’appelait alors PESF (programme d’évaluation du secteur financier). Une délégation du FMI était venue à Alger en septembre 2013. Un rapport qui consigne les conclusions de cette mission a été rendu public par le Fonds le 9 janvier 2014. Il en ressort que « compte tenu de la petite taille du système financier algérien, de la participation significative de l’Etat et de l’intégration limitée aux marchés financiers internationaux, il n’y a pas de risques préoccupants pour la stabilité financière. Le défi à relever dans l’immédiat est plutôt de mobiliser le potentiel du secteur financier pour soutenir la diversification et la croissance économique». Le Fonds appelle à une véritable réforme financière. Il pointe du doigt la faiblesse de l’intermédiation financière en Algérie, la fonction essentielle d’une banque, c’est-à-dire cette capacité à transformer les ressources financières collectées en projets d’investissements créateurs d’emplois et de richesses. Cette faiblesse de l’intermédiation reste le talon d’Achille du système bancaire algérien. Ce qui veut dire que rien de fondamental n’a été fait ces dernières années pour améliorer l’efficacité des banques. Le rapport conclut également que le principal risque bancaire reste la forte concentration des crédits. Le texte aborde en ce sens la question des crédits improductifs ou crédits non remboursés plus élevés chez le secteur public que le secteur privé (12% contre 4%). On peut ainsi aisément déduire que ni les recommandations du FMI ni les conseils, surtout des experts nationaux, appelant depuis de nombreuses années à une véritable réforme bancaire, n’ont été suivis par les autorités au cours des cinq, voire dix dernières années. Les banques restent loin des attentes des citoyens et des opérateurs. Plus grave, un effet du mouvement citoyen, au lieu d’une image de modernité et d’efficience, les banques ont montré, pour certaines d’entre elles, qu’elles n’étaient pas au service de la grande clientèle mais au service des oligarques et du clan au pouvoir. En un mot, elles étaient instrumentalisées par le pouvoir politique. Aujourd’hui, faute de transparence, le particulier, ou l’entrepreneur intègre, ignore l’impact de ces prêts non remboursés sur l’activité de ces banques et le niveau de détérioration du bilan de ces établissements bancaires. Première victime de cette «ségrégation» bancaire, il se voit aujourd’hui pénalisé par le refus des banques publiques et privées d’accorder de nouveaux crédits.