Attendue pour hier, la comparution devant le procureur général du tribunal Sidi M’hamed de la journaliste Kenza Khattou a été renvoyée à aujourd’hui prolongeant ainsi sa garde à vue de 24 heures supplémentaires.
Arrêtée vendredi dernier alors qu’elle couvrait la manifestation hebdomadaire du Hirak pour RadioM, la journaliste a été mise en garde à vue le jour même, alors que d’autres parmi ces confrères ont été relâchés en fin de journée.
La garde à vue de la journaliste Kenza Khatto a été prolongée pour la seconde fois de 24 heures, a-t-on appris de ses avocats.
Samedi soir, son employeur a réagi dans un communiqué à travers lequel a été souligné que «Kenza Khattou a été arrêtée dans l’exercice de sa mission de journaliste. Elle a été victime de brutalités au moment de son interpellation à proximité de la station de métro Tafourah sur le parcours habituel des marches du vendredi. Comment expliquer cet acharnement sur cette journaliste en particulier si ce n’est pour justifier à posteriori, le traitement dégradant qu’elle a dû subir au moment de son interpellation ?», peut-lire dans le document.
Me Assoul explique n’avoir pu voir la journaliste qu’en début d’après-midi (dimanche NDLR). «Elle était un peu éprouvée. Elle a été auditionnée vendredi jusqu’à minuit. On lui a parlé de son travail de journaliste et de sa couverture. On lui a donné un PV à signer vers minuit. Mais elle ne pouvait pas voir sans lunettes», poursuit-elle.
«La journaliste porte les stigmates de son interpellation violente, notamment des blessures apparentes au niveau du cou et du bras», a relevé l’avocate, laquelle précise que Kenza Khattou lui a déclaré qu’elle «a été conduite chez un médecin pour les besoins de la visite médicale, mais que celui-ci n’a pas daigné l’ausculter».N. B.