Samedi, lors du déplacement chez l’ASM Oran, le défenseur et capitaine du MC Saïda, Sofiane Loukar, quittait ce monde en s’écroulant sur la pelouse. C’était une nouvelle page noire pour le football national qui se heurte -de nouveau- à sa réalité. L’approximation et la négligence ont encore frappé. Cette fois, elles concernent le domaine médical.

Par Mohamed Touileb
Chaque fois qu’il y a un malheur, on a l’impression qu’on aurait pu l’éviter. On sait que la croyance générale veut que si l’heure du départ sonne, il est difficile de l’ignorer. Néanmoins, on se dit toujours que les personnes qui nous quittent auraient pu avoir une chance de continuer à vivre. C’est ce qui s’est passé avec le regretté Sofiane Loukar qui a laissé son âme sur l’une des pelouses algériennes. Dans ces mêmes colonnes, on avait évoqué l’hypothèse du non-respect du protocole commotion. En effet, les premiers éléments disaient que Loukar était revenu jouer sur l’herbe du stade Habib-Bouakeul avant de s’écrouler. Quelques minutes plus tôt, il avait subi un violent choc avec le portier oranais (la LNFA dit que c’est avec son portier, on se tiendra à cette version). Ce télescopage l’avait contraint de sortir et de se faire examiner avant que le médecin du club le laisse reprendre le jeu. Fatal.
Défaillance cardiaque : plus conséquence que cause
En effet, le malaise cardiaque qu’il aura ne semble pas être en lien avec des antécédents médicaux. C’est du moins ce qu’a confirmé Ali Malek. Ainsi, le président de la Ligue nationale du football amateur (LNFA) avait déclaré, sur les ondes de la Radio chaîne III, que « nous avons tout de suite vérifié son dossier au niveau de la Ligue et il n’a aucune contre-indication pour pratiquer le football de haut niveau. Son dossier est parfait ».
Quelques heures plus tard, la LNFA a posté un communiqué pour révéler que « le décès est causé par un traumatisme crânien survenu à la 25e minute du match, le joueur ayant chuté brutalement sur sa tête suite à un télescopage avec son propre gardien ». L’instance ajoutera que « Loukar avait repris le jeu après avoir reçu les premiers soins avant de s’écrouler sur le terrain à la 35′. Les staffs médicaux des deux formations se sont intervenus pour tenter de lui prodiguer les soins nécessaires. Il fut évacué en urgence à l’hôpital d’Oran mais durant son transport, il rendit l’âme ».

Il n’aurait pas dû reprendre le jeu
Ces faits retracés laissent clairement croire que Loukar n’aurait pas dû revenir jouer. L’auscultation après sa lourde chute n’aurait pas été assez pointilleuse et pousser pour déceler des signes de traumatisme ou d’hémorragie. Le protocole commotion n’a pas été rigoureusement appliqué. Il aurait fallu le transporter à l’hôpital pour lui faire subir une IRM sur la tête car sa chute avait tout de mortelle si l’on s’en tient à son sort tragique. La défaillance cardiaque qui a suivi n’avait rien de pathologique. L’absence du défibrillateur pendant le massage cardiaque,pratiqué avec la procédure «traditionnelle» devient presque anecdotique. Même si l’appareil aurait pu aider à le ramener à la vie cliniquement. Néanmoins, si le cerveau était déjà endommagé, ça n’aurait pas pu lui éviter la mort cérébrale. Est-ce que ce nouveau malheur va enfin réveiller les consciences et contraindre les clubs à faire plus attention pour appliquer les protocoles sanitaires ? On l’espère.