Pas de libération pour Ali Ghediri. Ainsi en a décidé, hier, la Chambre d’accusation près la Cour d’Alger en rejetant la demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats du général à la retraite, emprisonné depuis juin 2019.
Pourtant, à la veille de cette décision du Parquet, la défense du prévenu affichait plutôt un optimisme assez manifeste quant à l’issue de cette affaire, mise en délibéré après avoir été réexaminée le 7 février courant. Bien plus qu’une liberté provisoire, les avocats du détenu à la prison de Koléa espéraient carrément un non-lieu de la part de la chambre d’accusation chargée de son affaire. Ceci d’autant que le verdict était attendu dans une atmosphère empreinte d’apaisement après les mesures de grâce présidentielle décidées par le président de la République et la libération de plusieurs détenus d’opinion entamée vendredi, et qui se poursuivait encore hier. «Nous avons espoir qu’Ali Ghediri sorte ce dimanche de prison surtout avec les mesures d’apaisement décidées par le président de la République», avait, en effet, déclaré samedi Yazid Rebouh, en sa qualité de membre du collectif des avocats de Ghediri. En plus de rejeter la demande de liberté provisoire, la Chambre d’accusation près la Cour d’Alger a maintenu l’accusation d’«atteinte au moral des troupes», en attendant la programmation du procès de l’accusé en criminelle, alors que la Cour suprême avait accepté le pourvoi en cassation introduit par les avocats contre l’ordonnance de renvoi du parquet en contestant le jugement de l’affaire par un Tribunal criminel.
La même Cour suprême avait également décidé d’annuler l’autre chef d’inculpation retenu contre Ali Ghediri, à savoir «participation à la fourniture à des agents étrangers de renseignements pouvant porter atteinte à l’économie nationale». Un chef d’inculpation passible de condamnation à mort par le code pénal. Mais le candidat à la présidentielle d’avril 2019 avortée considère que son emprisonnement est d’ordre purement politique. «Tout ce que j’ai subi durant mon confinement politique à la prison d’El Harrach (avant son transfert à la prison de Koléa) a une seule source et une seule cause, à savoir ma candidature à l’élection présidentielle du 18 avril 2019, criminalisée volontairement sur la base de mon programme électoral», avait-il dénoncé dans une lettre publiée l’été 2020. n