La commission santé du conseil scientifique de Jil Jadid a rendu publique une déclaration, relative à l’évolution du coronavirus en Algérie, dans laquelle elle plaide pour un renforcement du dépistage sur fond du maintien du confinement qui doit gagner en «rigueur» pour prétendre infléchir la courbe des cas positifs et des décès. En effet, dans le chapitre dédié au bilan du confinement, la même commission a noté que «les mesures sanitaires prises jusqu’à présent n’ont pas bloqué ni infléchi la courbe des nouvelles contaminations, qui continue à croître régulièrement, n’ayant pas encore atteint son pic», estimant que «l’issue de cette crise sanitaire se fera, à l’évidence, avec l’acquisition de l’immunité collective en cours d’établissement».
Pour cette commission santé du parti – peut-être une singularité dans le paysage politique –, «certaines caractéristiques de la population algérienne, en particulier sa jeunesse, permettent d’espérer une réaction immunitaire protectrice».
Toutefois, ajoute la même commission, «plusieurs franges de la population sont très sensibles et devraient être surveillées avec beaucoup plus de rigueur (personnes âgées, diabétiques, cardiaques, hypertendus, obèses, immunodéprimés…)».
C’est la raison pour laquelle, la commission appelle au maintien de l’option de confinement. «Le confinement rigoureux doit être maintenu tant que la courbe de l’expansion de l’infection est exponentielle», recommande-t-elle.
Par ailleurs et considérant les moyens médicaux et logistiques limités du pays, le dépistage systématique étant impossible, celui-ci doit néanmoins être renforcé au niveau de chaque wilaya par l’utilisation des moyens étatiques et privés, pour mieux circonscrire l’évolution de l’épidémie.
Pour la même commission, «l’analyse épidémiologique se fonde essentiellement sur la courbe des décès, dont les chiffres seraient plus proches de la réalité du terrain», ajoutant qu’un «confinement plus drastique pourrait par ailleurs faire baisser plus significativement le taux de contagiosité».
En matière de mesures à prendre, la commission réitère sa proposition «d’isoler les zones indemnes de virus et y interdire l’accès par les citoyens provenant d’autres régions». Ce confinement «positif» permet de «maintenir hors épidémie des régions et des zones où l’activité socioéconomique reste opérationnelle».
Dans le chapitre réservé aux mesures prophylactiques, la commission santé de Jil Jadid a souligné que «pour alléger les structures hospitalières, le réseau des médecins privés, généralistes et spécialistes doit être mis à contribution dans le suivi régulier des autres malades en cours de soin et non porteurs du virus». Pour cette commission, «les circuits de la médecine privée doivent être mobilisés et se mettre à la disposition de la population. La médecine ne doit pas être une source exclusive de gains mais surtout, à l’heure actuelle, un appoint vital à la solidarité nationale».
En outre, il a été relevé l’importance d’une protection personnelle pour le corps médical, une «condition incontournable pour le maintien de la mobilisation de cette première ligne de front».
Le matériel de base, lui, «doit être assuré au mieux et au plus vite par les pouvoirs publics», estimant que les moyens de base (masques, gants, autres kits de protection) doivent être disponibles au niveau de toutes les structures à travers le territoire national, en quantité suffisantes et autant pour le secteur public que privé».
Dans sa conclusion, la commission santé de Jil Jadid a appelé les Algériens à être «extrêmement vigilants durant les 15 prochains jours», car c’est «la phase d’expansion la plus importante du virus».