Des représentants talibans et des responsables politiques afghans ont été invités à participer à un évènement de deux jours à Moscou, a-t-on appris lundi de sources concordantes, alors que la Russie cherche à peser dans les négociations de paix en Afghanistan. Cette invitation entend marquer mardi le 100e anniversaire des relations diplomatiques entre Russie et Afghanistan. L’ex-président Hamid Karzaï s’est envolé lundi pour Moscou à la tête d’une petite délégation dont la composition n’a pas été divulguée. «Une rencontre avec les talibans n’est pas à l’ordre du jour», a indiqué à l’AFP Yousof Saha, le porte-parole de M. Karzaï. «S’ils veulent nous rencontrer, nous en informerons les médias», a-t-il dit. Les talibans, via leur porte-parole Zabiullah Mujahid, ont de leur côté annoncé lundi dans un communiqué que leur délégation discuterait «mercredi avec un certain nombre de politiciens (afghans) lors d’une réunion intra-afghane» afin d’évoquer «l’avenir du pays». La délégation talibane, dirigée par leur chef politique, le Mullah Baradar, sera composée de 14 membres, dont le négociateur en chef Abbas Stanikzai. Selon Zabiullah Mujahid, elle devrait aussi rencontrer «des responsables russes de haut rang», sans plus de précision. Le dirigeant du Haut conseil pour la paix (HPC), qui facilite les négociations entre le gouvernement de Kaboul et les insurgés, sera également présent à Moscou, selon un porte-parole du HPC. Les talibans avaient rencontré en février des membres de l’opposition afghane, menés par Hamid Karzaï, à Moscou. Ils mènent depuis plusieurs mois des pourparlers directs avec les Etats-unis portant notamment sur un retrait des forces américaines en échange de promesses en matière de contre-terrorisme. L’émissaire américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, souhaite également que soient conclus un cessez-le feu et l’établissement d’un dialogue intra-afghan. La dernière réunion, mi-mai à Doha, n’a semble-t-il guère permis d’avancées sur ces questions clés. Le gouvernement du président Ashraf Ghani est écarté de ces discussions bilatérales, qui selon lui portent atteinte à la souveraineté nationale afghane. Les talibans, qui possèdent une délégation politique au Qatar, ont depuis rencontré lors de réunions distinctes le représentant spécial de l’Union européenne Roland Kobia, et l’envoyé spécial allemand Markus Potzel. Fin avril, le chef de la Mission des Nations unies en Afghanistan, Tadamichi Yamamoto, s’était également rendu au Qatar. Moscou semble gagner de l’influence sur le processus de paix. En avril, les Etats-Unis ont annoncé être parvenus à un accord avec la Russie et la Chine sur les termes des négociations sur l’Afghanistan.
(source afp)