La diplomatie algérienne serait-elle en train de se redéployer ? Tout porte à le croire avec l’activisme remarqué de ces dernières semaines. Après la visite à Alger du ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov, le chef de la diplomatie algérienne s’est dirigé vers Washington pour prendre part à une session du dialogue stratégique algéro-américain, avant d’aller en Inde pour une visite de deux jours. Abdelkader Messahel effectuera, en effet, à partir d’aujourd’hui, une visite officielle en Inde, à l’invitation de son homologue indienne, Sushma Swaraj. Cette visite intervient « dans un contexte marqué par la volonté des deux pays de renforcer et d’approfondir leurs relations bilatérales dans divers domaines, au mieux des intérêts communs des deux pays », note le ministère des Affaires étrangères. La virée indienne constituera « une occasion » de dépoussiérer la coopération entre l’Algérie et l’Inde, deux pays ayant une relation historique, et «d’imprimer une dynamique qui soit au niveau des potentialités, dont disposent les deux pays», a précisé la diplomatie algérienne. A Washington, l’Algérie et les Etats-Unis se sont engagés à renforcer la coopération bilatérale dans les domaines politique, sécuritaire, économique et culturel.
«Les deux gouvernements sont convenus de poursuivre leur coopération afin de promouvoir leur intérêt commun à la stabilité régionale et à la défaite des groupes terroristes », ont affirmé conjointement Alger et Washington. C’était lors de la 4e session du dialogue stratégique, tenue à Washington sous la coprésidence d’Abdelkader Messahel et de son homologue Michael Pompeo. Les deux parties ont convenu d’« un partenariat économique plus étroit ». Messahel et Pompeo ont souligné «leur attachement à une relation de longue date entre l’Algérie et les Etats-Unis», réitérant leur volonté de « poursuivre les consultations sur les sujets examinés lors de cette session du dialogue stratégique ».
La 4e session du dialogue stratégique algéro-américain a été l’occasion justement pour les ministres des deux pays d’examiner «le partenariat étroit et productif entre l’Algérie et les Etats-Unis » et de « débattre des domaines de coopération algéro-américaine future ». Messahel a également discuté avec le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires politiques, David Hale, de la question du Sahara occidental.
Il a rappelé la position de l’Algérie pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui en accord avec les efforts des Nations unies et de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Horst Kohler. L’administration Trump avec comme conseil à la sécurité nationale un certain John Bolton, dont on sait la position sur la question du Sahara occidental, est de nouveau active sur le dossier. Selon The New Yorker, Bolton a à plusieurs reprises accusé le Maroc de recourir à une tactique dilatoire pour bloquer toutes négociations.n