Le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) dénonce, encore une fois, les grossistes qui imposent l’achat concomitant de certains médicaments, sujets à rupture, pénalisant ainsi lourdement les pharmaciens. «Dès qu’un produit est en rupture, des grossistes s’adonnent à cette pratique de vente concomitante en exigeant des officinaux de s’approvisionner en d’autres produits moins demandés pour un autre pack de médicaments», dénonce Messaoud Belambri, président du Snapo. Une pratique constamment dénoncée par le Snapo et connue également de l’autorité sanitaire, ajoute notre interlocuteur.
Pour le président du Snapo, la numérisation est la solution salvatrice du secteur. Cette solution, si elle venait à être mise en œuvre, épargnerait au secteur la confusion, les ruptures et la vente concomitante qu’on fait subir aux pharmaciens et permettrait une meilleure visibilité. Entre autres, il explique que «la numérisation va permettre de réguler et contrôler le marché des médicaments en Algérie». Pour lui, «la numérisation est synonyme de transparence parce qu’elle va nous permettre le suivi digital d’un médicament depuis sa fabrication jusqu’à son arrivée au malade». L’informatisation va contribuer à réguler le marché avec une visibilité réelle de la disposition des médicaments, soit en quantités en stocks ou sur le marché ainsi que le suivi de leur traçabilité, les délais, les réalisations de programmes, chez quel grossiste ils seront distribués».
Grâce à la numérisation, «on pourra lutter contre la rétention des stocks, les pénuries provoquées et les monopoles ainsi que la maîtrise du mouvement des stocks entre différents opérateurs», ajoute M. Belmabri. Il rappelle que l’OMS recommande à tous les gouvernements de procéder à la numérisation du marché et des mouvements.
S’agissant du démenti par l’Association nationale des distributeurs des produits pharmaceutiques, (ADPHA) concernant le chiffre évoqué par le Syndicat des pharmaciens des médicaments qui connaissent une pénurie dépassant 300 et que le nombre exact n’est pas plus de 100 produits, le président du Snapo explique que lorsqu’il y a rupture, c’est «l’accessibilité aux médicaments qui est compromise». Par conséquent, il trouve que «c’est un comportement responsable et professionnel d’alerter afin d’attirer l’attention des autorités publiques», s’interrogeant ainsi des «attitudes négatives» vis-à-vis du syndicat qui a parlé de rupture. «La liste des produits en rupture n’arrête pas de s’allonger. Pis encore, et si l’on en croit les grossistes, «la situation risque de s’aggraver», alerte le président du Snapo. Le syndicaliste explique que le Snapo ne compte pas en DCI mais en marques, «on trouve sur le marché du médicament des produits nationaux ou importés sous différentes marques, pour la même DCI». A ses yeux, 100 DCO en rupture représentent au moins 300 marques, soulignant ainsi que le chiffre avancé par le Snapo n’est pas erroné. «Certaines parties comptent en DCI pour minimiser, sachant que le marché n’est pas couvert en DCI mais en marques de médicaments», insiste le président du Snapo.