Cela ne fait plus l’ombre d’un doute, le virus Delta, conjugué au variant omicron, se propage chez nous à la vitesse grand «V», poussant ainsi des milliers de concitoyennes et de concitoyens dès l’apparition des premiers symptômes -toux, fièvre, sensation de fatigue- de se rapprocher des laboratoires d’analyses médicales pour y faire un test de dépistage et d’en avoir le cœur net et surtout de se rassurer.
C’est donc une véritable ruée sur les tests de dépistage ces derniers jours. A Alger, et plus précisément dans la commune de Bachdjarah, où se côtoient plus d’une dizaine de ces laboratoires, il y a effectivement une grande affluence. Mais c’est au niveau de deux ou trois laboratoires installés depuis de longue date et qui ont fini par avoir pignon sur rue qu’il y a foule. Au niveau de l’un d’eux on nous affirme, lors de notre passage hier mercredi, que «depuis une dizaine de jours c’est le même topo, voire plus, dans le sens où dès l’ouverture du cabinet nos deux salles d’attente sont aussitôt pleines, jusque dans la cage d’escalier. Mais depuis samedi dernier, la file s’est grandement allongée pour dépasser le perron de l’immeuble». Devant cette situation, la doctoresse et propriétaire dudit laboratoire nous a confié avoir depuis, élargi ces horaires. «Nous commençons à 7H au lieu de 8H auparavant et fermons à 17H30 au lieu de 16H30. Un rythme infernal certes, mais quand il y a urgence, nous devons nous y soumettre afin d’assurer les prélèvements dans les délais à tous nos patients.» Ajoutant dans la foulée que «le personnel chargé du prélèvement se relaie afin que la cadence de passage ne décline pas, car souvent nous avons affaire à des personnes qui viennent de loin». Elle nous a avoué : «Au rythme actuel, proche de 150 tests par jour, nous risquons d’être débordés. Mais quand sera-t-il lorsque cette barre sera dépassée ?» s’est-elle interrogée ?

Plus de 50 % des prélèvements positifs
A propos des résultats de dépistage, la spécialiste en biologie clinique se dit inquiète. «Qu’on en juge, plus de 50 % des prélèvements opérés se révèlent positifs, alors que nous ne sommes pas encore en plein pic de contamination.» Interrogée si cette forte demande de dépistage ne va pas provoquer une pénurie des tests ? La biologiste reste confiante : «Dans la mesure où, pour le moment, aucun indice ne laisse prévoir un tel scénario.» Non sans nous faire savoir dans ce sens que «tout un dispositif a été mis en place par les autorités de la santé du pays pour que les laboratoires soient régulièrement approvisionnés et arrivent à satisfaire, dans une large mesure, la demande des citoyens».
Dans un autre laboratoire, le biologiste en chef, interpellé pour nous donner son avis sur la ruée que connaissent les laboratoires d’analyses, estime que «cette tendance va se poursuivre jusqu’à la mi-février. Précisant par là : «Nous sommes en pleine période de grippe saisonnière, et donc des centaines de citoyens sont tentés de faire des prélèvements pour savoir s’ils sont atteints du Coronavirus ou ce n’est qu’une grippe». Notre locuteur a par ailleurs tenu à revenir sur cette ruée à laquelle font face les laboratoires. Pour ce dernier, «tous les tests effectués ne révèlent pas précisément la réalité de la situation épidémiologique car beaucoup de personnes ne se font pas dépister». Et pour cause. «Les tests antigéniques proposés en moyenne à 2 500 DA restent onéreux pour les gens à faible revenu. Sans parler des tests PCR proposés entre 7 500 et 8 000 DA auxquels un nombre important de nos concitoyens ne sont pas en mesure de payer».
Pour l’heure face à cette explosion de contaminations, les praticiens de la santé se disent très inquiets. «Et comment ne pas l’être, c’est une situation qui dépasse de loin celle des trois premières vagues, notamment celle de juillet 2021», lancent des médecins affectés au service Covid de la capitale. Du coup, ils préconisent à tout à chacun de se conformer à la lettre aux protocoles sanitaires si l’on veut éviter le scénario du pire dont on ne saurait estimer le niveau de conséquence alors qu’il suffit de se soumettre à des règles simples.