Après des funérailles en grande pompe à Londres, Elizabeth II a rejoint hier lundi sa dernière demeure, la chapelle Saint-Georges de son château de Windsor, où la souveraine à la popularité planétaire a été inhumée dans l’intimité dans la soirée.

Par Kahina Terki
C’était la dirigeante en exercice la plus âgée du monde. Durant sa vie, elle a traversé la Seconde Guerre mondiale, vu la fin de l’Empire britannique, l’entrée puis la sortie de l’Union européenne.
La dernière journée d’adieux à la souveraine aura été à l’image des 12 jours qui ont suivi son décès: chargée d’une immense émotion populaire, soigneusement mise en scène, avec toute la pompe des traditions séculaires de la monarchie britannique. Elle avait été planifiée depuis deux décennies. Une page d’Histoire se tourne avec ces funérailles d’Etat de la dernière reine planétaire, au règne unique par sa durée et son endurance. Les premières depuis celles de Winston Churchill en 1965. Le gratin des dirigeants mondiaux s’y est déplacé. La Russie n’a pas été invitée. En revanche, la première dame ukrainienne Olena Zelenska était présente.
Pour des millions de Britanniques, Elizabeth II était la seule, l’unique, ancre rassurante de stabilité dans les convulsions d’un monde qui change. Ils espèrent que son fils Charles III fera de même. Le nouveau roi a promis, comme sa mère, de servir toute sa vie. Solennel, rassembleur, accessible et inclusif, ses premiers pas ont rassuré, avec la présence apaisante de Camilla à ses côtés, ont écrit les tabloids anglais. Mais si sa cote de popularité a grimpé en flèche, à 70% selon YouGov, les défis, nombreux, ne font que commencer. Elizabeth II était au moment de sa mort, en plus du Royaume-Uni, reine de 14 royaumes, dont l’Australie, le Canada et la Nouvelle Zélande. Certains de ces pays n’ont pas caché leur souhait de voir évoluer leur lien avec la monarchie. L’histoire, là aussi, est en marche.
La mort d’Elisabeth II a fait marquer une pause et un répit au Royaume-Uni. Ceux-ci terminés, la nouvelle Première ministre, la conservatrice Liz Truss, va devoir se confronter à un contexte politique et économique des plus tendus : Inflation galopante, grogne sociale, mesures post-Brexit comptent parmi les problèmes à gérer avant les législatives de 2024.
Avec une inflation à 10,1 % sur un an en juillet, qui risque de grimper à 22 % d’ici quelques mois (selon la banque Goldman Sachs), le pouvoir d’achat des Britanniques va chuter dans des proportions historiques : selon le think tank Resolution Foundation, le revenu disponible des ménages pourrait reculer de 10 % d’ici à la fin 2023, et le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, incapables de subvenir à leurs besoins élémentaires, pourrait atteindre 3 millions.