Plusieurs députés conservateurs sont en lice au Royaume-Uni pour succéder au Premier ministre Boris Johnson, obligé de jeter l’éponge après avoir été critiqué par ses ministres les plus en vue sur la scène politique britannique. Par les derniers à se lancer dans la course, dimanche 10 juillet, la secrétaire d’Etat au commerce international Penny Mordaunt, 49 ans.
Cette ancienne réserviste de la Marine, qui a été la première femme à occuper le poste de ministre de la Défense en 2019, a insisté sur la nécessité que le débat public «tourne un peu moins autour du leader», pour se concentrer sur le «navire».
Très ouverte, la compétition qui va s’ouvrir pour la tête du parti conservateur – et donc pour Downing Street, les Tories étant majoritaires à la Chambre des Communes – annonce un été particulièrement animé, avec son lot de révélations et de boules puantes.
Samedi 9 juillet, les anciens ministres Jeremy Hunt et Sajid Javid ont à leur tour annoncé leurs candidatures dans les colonnes du journal conservateur Sunday Telegraph. L’un et l’autre ont insisté sur leurs projets de diminution des impôts, se démarquant de la ligne de Rishi Sunak qui veut attendre un assainissement des finances publiques avant d’envisager de s’engager sur une telle voie, dans un Royaume-Uni en proie à une inflation inédite depuis 40 ans. «Sans baisses d’impôts nous n’aurons pas de croissance», a déclaré sur la BBC dimanche Sajid Javid, qui en annonçant sa démission mardi du gouvernement a lancé l’hémorragie – une soixantaine de départs en tout – qui s’est avérée fatale à Boris Johnson. Sajid Javid, 52 ans, avait été suivi neuf minutes plus tard par le ministre des Finances Rishi Sunak, mais a assuré qu’ils ne s’étaient pas concertés.
Très populaire pour les multiples mesures de soutien économique déployées au plus fort de la pandémie, Rishi Sunak s’est un temps trouvé affaibli par la révélation du recours de sa richissime épouse à un avantageux dispositif fiscal. Premier poids lourd à s’être lancé, il semble avoir réussi à rebondir et bénéficie de nombreux soutiens de députés. Mais il risque de subir les foudres du camp Johnson qui le soupçonne de trahison. Rishi Sunak n’avait apparemment pas prévenu le Premier ministre avant de quitter le gouvernement.

Liz Truss dans la course, les finalistes connus d’ici le 20 juillet

Autre candidat sérieux, Nadhim Zahawi, qui en tant que secrétaire d’Etat avait piloté le programme de vaccination anti-Covid britannique, avant de passer la semaine dernière du ministère de l’Education à celui des Finances, voit son début de campagne plombé par la révélation dans la presse d’une enquête fiscale le visant. Il a assuré que tous ses intérêts financiers ont été dûment déclaré. Les autres concurrents, dont les chances de succès apparaissent bien moindres, sont le ministre des Transports Grant Shapps, le président de la commission des Affaires étrangères Tom Tugendhat, ainsi que l’attorney general – chargée de conseiller juridiquement le gouvernement – Suella Braverman, et l’ex-secrétaire d’Etat à l’Egalité Kemi Badenoch.
Très attendue, la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss s’est lancée dimanche 10 juillet dans la course à la succession de Boris Johnson. «Je me battrai dans cette élection en tant que conservatrice et gouvernerai en tant que conservatrice», a-t-elle déclaré
Au total, les instances du parti anticipent une quinzaine de candidatures, un afflux qui laisse augurer un relèvement des seuils en termes de parrainages ou de nombre de votes dans la première partie du processus. Mais Geoffrey Clifton-Brown, trésorier du Comité 1922, chargé de l’organisation interne du parti, s’est dit «confiant» dimanche sur la radio LBC que les deux finalistes soient connus d’ici le 20 juillet.