La chute des prix du pétrole, née des mesures sanitaires anti-coronavirus, est venue rappeler, pour la énième fois, combien pouvait être fragile et vulnérable une économie exagérément axée sur la rente pétrolière.
C’est le cas pour l’Algérie, dont les équilibres financiers ont été sévèrement touchés par cette nouvelle crise de l’or noir, poussant les pouvoirs publics à un redéploiement qui puisse permettre au pays de s’adapter à une conjoncture inédite, en limitant les dégâts.
Et comme en chaque période de recul des recettes d’exportations pétrolières, l’heure est aux regrets de n’avoir pris en compte, voire au sérieux, les autres secteurs qui offrent au pays des opportunités réelles pour son développement et font de la diversification des sources de rentrées d’argent une assurance garantie contre l’instabilité du marché pétrolier et la volatilité de ses prix.
Mais l’effet d’entraînement pénalisant qu’a provoqué le trop de dépendance de ses recettes pétrolières n’a pas privé l’Algérie de ses seules autres potentialités locales qui auraient pu permettre à son économie de s’accomplir par la diversité et la diversification. Bien plus grave que cela, il s’est entendu comme une culture nationale à toutes les niches financières susceptibles de servir la sphère économique du pays et de l’alimenter à débits généreux et renouvelés de ressources.
A l’exemple de la niche fiscalité qui, elle aussi, a fini par être traînée dans les travers de la rente pétrolière en se contentant de puiser l’essentiel de ses rentrées dans l’océan d’argent qu’offre le secteur des hydrocarbures. Pourtant, cet océan ne pourra jamais être suffisamment grand pour autoriser une telle démarche. Il devient même dangereux pour la navigation économique en surface lorsque les prix du brut touchent les abysses, comme cela est en train de se vérifier à travers l’énorme recul des recettes fiscales pétrolières.