En plus du recours à la planche à billets, plus de 3 500 milliards de dinars ont déjà été tirés, et à d’autres mécanismes de financement qui pourraient permettre à l’Etat algérien de diversifier ses ressources financières internes, et ainsi de prendre ses distances avec le spectre très redouté de l’endettement extérieur

, la Banque d’Algérie multiplie les initiatives en vue de drainer les devises dans les caisses des établissements bancaires. Pour ce faire, l’institution dirigée par Mohamed Loukal tente, cette fois-ci, de mettre de la flexibilité dans les relations des banques avec leur clientèle et de les intégrer dans un environnement économique qui rejette les barrages bureaucratiques. C’est dans cette logique d’ouverture au véritable univers bancaire que des mesures d’assouplissement et de facilitation vont bénéficier à tous ceux qui souhaiteraient ouvrir un compte bancaire en monnaie étrangère. Les personnes concernées par cette mesure peuvent être des Algériens résidant en Algérie, comme elles peuvent résider à l’étranger. Mieux encore, même les personnes étrangères pourront souscrire à l’ouverture d’un compte auprès des banques algériennes, qu’elles soient établies ou non en Algérie. Les clients pourront disposer de leur argent à leur guise. Les titulaires des comptes seront libres de disposer de leurs avoirs en devises pour tout transfert vers l’étranger et/ou tout retrait en espèces destiné à l’exportation matérielle. Une démarche qui témoigne de la volonté des pouvoirs publics à ratisser large pour attirer de la monnaie forte dans les caisses des établissements bancaires. Pour de nombreux Algériens, les difficultés rencontrées dans le circuit bancaire, en raison des lourdeurs du système, les poussent à thésauriser et garder leur argent à domicile. La bureaucratie n’ayant plus droit au chapitre en cette période où l’économie nationale a besoin d’argent frais, notamment en devises, la Banque d’Algérie s’emploie à diversifier les cibles et les mécanismes qui peuvent inciter à la bancarisation. Le tout sous contrôle d’un dispositif allégé qui puisse réhabiliter l’établissement bancaire, avec son statut d’acteur de premier ordre dans tout projet économique.