Jusqu’au bout, elle aura assumé. Numéro un mondiale, invaincue depuis le mois de février, victorieuse de 28 matches consécutifs, Iga Swiatek était archi-favorite en arrivant à Roland-Garros. Cette quinzaine, c’était pour elle une opportunité en or de doubler son capital en Grand Chelem, mais lestée d’un poids non négligeable, celui de la quasi-obligation de triompher sous peine de voir son tournoi rangé dans la catégorie «échec».
Mais la Polonaise était trop forte. Trop solide. Hier, en finale, elle n’a fait qu’une bouchée de la novice Coco Gauff, balayée en deux sets (6-1, 6-3) et un peu plus d’une heure (1h08, exactement). Vingt mois après son premier sacre parisien à la surprise générale, Swiatek remet donc ça. Cette fois, personne n’a été pris de court. A 21 ans, Iga est bel et bien la reine de Paris. Et la patronne du circuit.

LA TORNADE ÉTAIT DE RETOUR
Avant que ne s’abatte l’orage sur la porte d’Auteuil, la numéro un mondiale a fait parler la foudre. Depuis son huitième de finale qui lui a fait un bien fou face à Zheng, laquelle lui avait pris ce qui restera son unique set concédé dans ce tournoi, Iga Swiatek a réactivé le mode tornade.
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Ce fut encore le cas dès l’entame de cette finale, où la jeune Coco Gauff a fait ses 18 ans. Emportée tout autant par la qualité de son adversaire et par l’évènement, l’Américaine a été breakée dès le premier jeu, puis rebreakée et menée 4-0 en à peine vingt minutes.

LA FORCE DE L’HABITUDE EST EN TRAIN DE LA GAGNER
Le service fut un des gros points noirs du jeu de la Floridienne samedi sur le Chatrier. Difficile de rivaliser avec moins de 50% de points gagnés derrière sa première balle. Au moins a-t-elle eu le mérite de s’accrocher. Après la perte sèche du premier set (6-1), Gauff a connu sa seule embellie de l’après-midi sous la forme d’un break dès le début de la seconde manche, confirmé dans la foulée pour mener 2-0. Ceux qui espéraient voir cette finale tourner ou, au moins, gagner en intérêt, ont toutefois vite déchanté. Un débreak, puis un break et Swiatek a aligné cinq jeux consécutifs pour s’approcher à un pas du titre.
Rien ni personne n’a pu faire vaciller la championne de Varsovie au point de la pousser au déraillement. Elle était lancée comme un TGV, elle n’allait pas s’arrêter. Même au moment de conclure, elle n’a pas bronché. Elle a gagné son ultime jeu de service sans trembler. Avec autorité et aisance. En octobre 2020, après une finale tout aussi expéditive contre Sofia Kenin (6-4, 6-1), Swiatek paraissait ébahie de son propre triomphe. Cette fois, se tournant sur son clan, sa joie se teintait dans son regard de la satisfaction du travail bien fait. La force de l’habitude est en train de la gagner.
On reverra Coco Gauff. Ce Roland-Garros marque un pas en avant non négligeable pour elle. Lundi, elle pointera au 13e rang mondial, son meilleur classement, en attendant beaucoup mieux. Peut-être est-ce même la naissance d’une rivalité durable entre deux championnes qui, à elles deux, n’ont pas la quarantaine. Le tennis féminin, sevré de ces duels récurrents qui pimentent la vie et suscitent l’intérêt et, mieux, l’identification, ne demande pas mieux. Mais samedi, pour Coco, c’était trop tôt. Trop haut. Trop fort. Samedi, c’était Swiatek. n