Par Milina Kouaci
Au lendemain de l’annonce des résultats préliminaires des élections législatives,
le Rassemblement national démocratique (RND), qui a obtenu 57 sièges, a qualifié de «très positifs et de réel succès» les résultats qu’il a obtenus. Lors d’une conférence de presse animée hier au siège du parti, à Alger, le secrétaire général du RND Tayeb Zitouni estime que les résultats obtenus maintiennent le parti sur la scène politique. «Les sièges que nous avons obtenus nous maintiennent avec d’autres partis au-devant de la scène politique et parlementaire», promettant de s’engager à concrétiser les promesses formulées par sa formation politique lors de la campagne électorale. M. Zitouni indique dans ce sens que ses députés vont prendre des décisions favorisant l’essor économique du pays. «Des parties ont parié sur l’échec de ces élections et des lobbies veulent nous imposer un vide politique et constitutionnel», selon le secrétaire général du RND, qui trouve que la nouvelle cartographie parlementaire permettra au pays de «tourner une page». «Maintenant, le pays a besoin d’un programme économique qui le sort de la rente pétrolière, qui limite l’importation et encourage l’exportation et protège le pouvoir d’achat», a-t-il estimé.
Le RND, qui a toujours été un parti de coalition présidentielle, n’hésitera pas à continuer sur la même voie si les positions d’autres partis convergent avec les siennes. «Nous avons défendu un programme et exprimé des positions pendant et après la campagne électorale. Nous pouvons travailler au sein d’une coalition qui aidera à booster l’économie algérienne et sortir le pays de la crise économique qu’il traverse», mais la décision, précise-t-il, revient au président de la République dans la constitution du prochain gouvernement.
A une question sur le faible taux de participation à cette échéance électorale, M. Zitouni explique que l’abstention a toujours marqué les différentes échéances électorales. «Auparavant, les taux de participation communiqués ne reflétaient pas la réalité. Mais depuis la création de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), cette institution donne des taux réels de participation et d’abstention et veille sur la transparence des élections», et ce, en dépit des défaillances et dépassements enregistrés», souligne le conférencier. Il rappelle que l’ANIE, depuis sa création en septembre 2019, a organisé trois échéances, la présidentielle de décembre 2019, le référendum sur la Constitution et les législatives de la semaine passée. «L’ANIE communique des chiffres réels, y compris ceux liés à l’abstention qui existait avant sa mise en place, sans que les chiffres réels ne soient communiqués».
Les électeurs, d’après M. Zitouni, se sont heurtés à des difficultés en raison du mode de scrutin proportionnel ou scrutin de liste ouverte qui s’oppose au scrutin de liste bloquée, dans lequel les électeurs ne peuvent pas modifier la composition ou l’ordre. «C’est une première expérience démocratique et transparente avec l’ANIE», poursuit le secrétaire général du RND. Mais le manque d’expérience et le nombre important de liste (73) ont entraîné des difficultés de choix aux électeurs. A ce propos, Tayeb Zitouni fait savoir que sa formation politique formulera des propositions pour la révision de certaines dispositions de la loi organique relative au régime électoral, adoptée en mars dernier, et pour le renforcement des moyens de contrôle et d’organisation des élections. n