De Mila, Abderaouf Zaoui et Nadia Mellal à Alger
Parmi les anciennes formations de l’ex-majorité à l’Assemblée populaire nationale (APN), le Rassemblement national démocratique (RND) se positionne déjà en perspective du vote législatif anticipé. Son secrétaire général, Tayeb Zitouni, l’a confirmé lors de l’anniversaire de la naissance du parti, un évènement commémoré trois jours après à Mila. Le message était : la formation ira aux législatives de l’été prochain et soutient la démarche du chef de l’Etat.
Son anniversaire est passé presque inaperçu, mais l’évènement restera plein d’enseignements politiques pour le futur immédiat du parti. Initialement prévues au siège national à Ben Aknoun, Alger, les festivités et activités marquant la célébration de la vingt-quatrième année de sa naissance ont finalement eu lieu, le 24 février dernier, à Mila. Le choix de cette ville et chef-lieu de wilaya revient à Ahmed Torchi dit Boudjemaä, secrétaire général à l’échelle locale. Il en est de même pour l’endroit de la fête, l’hôtel «Tapis Rouge» que les Milevins et les gens de passage dans la région connaissent bien et que M. Torchi a, semble-t-il choisi, pour le bon augure. On ne sait jamais, il ne faut jamais insulter l’avenir même si le passé récent de la formation s’est davantage confondu avec la chronique judiciaire nationale et les procès qui ne cessent de confirmer le long séjour carcéral de son ex-puissant patron, l’ancien Premier ministre et chef de gouvernement Ahmed Ouyahia.
En ce qui concerne le discours du secrétaire général du RND, la tradition a été respectée. Il a oublié tous les pensionnaires de la pénitentiaire et les perdants pour se focaliser sur deux grands thèmes : d’abord, les anciens du FLN historique et les grandes figures de la guerre de libération, à l’exemple des enfants prodiges de la région, Lakhdar Bentobbal et Abdelhafid Boussouf. Ensuite, Abdelhak Benhamouda, l’un des pères fondateurs, sans doute le plus emblématique, du «Rassemblement», assassiné en janvier 1997 devant la Maison du peuple, siège de la centrale syndicale UGTA, dont il était le secrétaire général à l’époque. Pour Tayeb Zitouni, Benhamouda était l’exemple du patriotisme et de la bravoure, un «exemple » dans la lutte contre «les divisions et les dangers qui menaçaient de mener le pays à la dérive». «Le RND a été créé, à l’exemple de ses glorieux moudjahidine et chouhada, pour lutter contre les ennemis de l’Algérie», qui sont toujours là, a-t-il martelé.
«Le RND a toujours été un gilet pare-balles contre les ennemis de l’Algérie et continuera de l’être envers et contre tous», dira-t-il. «Notre parti a été accusé de tous les maux par ceux qui veulent la destruction du pays. Nous serons toujours là pour empêcher ceux qui veulent lui nuire». Le secrétaire général, qui n’a pas manqué de saluer l’armée et les services de sécurité dans leur accompagnement du Hirak, a surtout abattu sa carte politique : quitte à faire des rappels peu utiles actuellement, «l’élection de Abdelmadjid Tebboune à la tête de la présidence du pays a été régulière et démocratique et que ceux qui disent le contraire ont tort», a-t-il clamé. «Notre parti participera aux législatives anticipées, a-t-il également insisté, indiquant qu’il n’y a pas d’autre issue possible que la voie électorale et la mise à jour de l’activité parlementaire. « Nous accompagnerons le Président dans tout ce qui est positif pour le pays», a-t-il conclu.
Au retour de la fête d’anniversaire, c’est ce mot d’ordre qui domine au QG du parti à Ben Aknoun. «Nous sommes en mobilisation constante et cela fait longtemps que nous nous préparons à ce rendez-vous électoral», explique Mohamed Guidji, membre de la direction du «Rassemblement» et ancien président du groupe parlementaire du parti à l’APN. «Nous nous sommes attelés à un travail de restructuration intense depuis le dernier congrès», souligne ce cadre avant de préciser que les «troupes attendent la convocation du corps électoral pour mettre en place des commissions de wilaya pour l’examen des candidatures». «La dissolution de l’APN est une prérogative du Président et ne nous affecte nullement, puisque nous sommes en fin de mandat», a-t-il relevé.
«Il ne nous restait qu’une année de ce mandat et nous étions déjà en préparation», a-t-il encore dit. «Il faut dire que le parti a déjà tourné la page avec le plébiscite, en mai 2020, de Tayeb Zitouni, secrétaire général du parti, à l’issue du congrès extraordinaire».