La contestation contre le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND) reprend du poil de la bête. C’est ainsi que Chihab Seddik, l’ancien porte-parole du parti, a réuni dans la soirée du jeudi passé le bureau de wilaya d’Alger pour remettre au goût du jour l’exigence du départ de Ouyahia. «Le parti aujourd’hui est dans une situation peu réjouissante, marquée par une désertion des militants du RND qui refusent de payer pour les égarements et les positions du secrétaire général», a lancé Chihab. Avant d’insister : «Il n’a qu’à démissionner et laisser le parti à ses militants.
Pourquoi impose-t-il cette haine que le peuple lui voue au parti ?» Aux yeux de Chihab, Ouyahia ne devrait pas résister en se maintenant en poste pour une raison simple, «il est décrié par la population, il est rejeté par les Algériens. Il devrait démissionner et ne pas prendre en otage le parti». La résistance d’Ouyahia et son insistance à se maintenir en place ne feront pas faiblir la contestation, selon Chihab, qui promet : «On va passer à l’action. On convoquera une instance provisoire qui prendra les rênes du parti.» Et pour cause. Chihab ne reconnaît aucunement les structures du parti, y compris le conseil national du RND. Son argument est que Ouyahia «a mis en place des structures organiques sur mesure». Les reproches de Chihab vont plus loin : «Le secrétaire général s’est joué d’un parti et il l’a mis sous le coude, exclusivement pour ses petites ambitions et ses petits intérêts.» S’exprimant sur l’actualité politique nationale, le responsable du bureau du RND à Alger a grandement vanté le mouvement de rue né le 22 février dernier : «C’est grâce au Hirak que les gens se sont libérés et démarqués des forces de l’inertie. Nous considérons que c’est une fierté pour nous et pour le pays d’avoir un mouvement populaire pacifique qui a renversé la vapeur et a libéré toutes les catégories sociales et professionnelles qui s’expriment à présent librement.» Aussi, et s’agissant des décisions annoncées par Gaïd Salah, l’intervenant les salue, arguant que «le chef d’état-major est en train de faire un accompagnement du Hirak empreint de sagesse et de sérénité». «Nous soutenons cette démarche et nous nous félicitons de cette fusion qu’ont les Algériens avec l’ANP au bénéfice d’un changement en faveur de la construction d’un Etat démocratique et populaire». A propos du rendez-vous de l’élection présidentielle du 4 juillet prochain, Chihab évoque l’impératif de tomber d’accord sur une date consensuelle tout en tenant ce scrutin dans les plus brefs délais. «Nous appelons à la nécessité d’aller aux élections le plus vite possible», lance-t-il, avant d’appeler à un
dialogue «avec l’ensemble des composantes de la société pour arrêter une date idoine pour cette présidentielle».N. B.