Le secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Azzedine Mihoubi, dénonce le « populisme » qui entoure le Hirak. Intervenant, hier à l’occasion du 23e anniversaire de la création du Rassemblement, lors d’une cérémonie organisée au siège national du parti à Ben Aknoun, Mihoubi a d’entrée lancé : « Nous refusons totalement ce populisme d’aujourd’hui qui veut imposer une dualité dans la société pour dire qu’il y a des gens soutenant le Hirak et d’autres non. » « Ce populisme est totalement rejeté dans son fond et dans sa forme et il est nul et non avenue pour nous », a-t-il enchaîné. Avant de préciser : « Il y a un seul peuple uni et une seule Algérie unie également. » Selon lui, il est impératif d’en finir « avec le populisme » et construire le pays « sur de nouvelles bases en consacrant une égalité des chances entre les citoyens ». Consacrant une large partie de son discours au mouvement populaire, le Hirak, à l’occasion de son premier anniversaire, Mihoubi a soutenu que « le Hirak a constitué un indice avertissant d’un virage dangereux de l’Etat ». Il a expliqué, dans le même ordre d’idées, que ce mouvement a libéré les Algériens puisqu’il leur a permis « de sortir plus de 53 vendredis successifs ». Mais pas seulement. Aux yeux de l’orateur, le mouvement populaire a permis l’émergence de nouvelles visions conceptuelles dans la gestion de la cité en exigeant une démocratisation institutionnelle et en imposant la souveraineté populaire. Sur sa lancée, Mihoubi a critiqué ceux qui montrent du doigt ceux qui ont voté lors de la dernière présidentielle : « Nous n’acceptions pas non plus que des gens disent qu’il y a ceux du doigt bleu ou jaune ». « Nous voulons tous une stabilité du pays », a-t-il poursuivi expliquant que le RND a des exigences en rapport avec les revendications du Hirak et de la société : « Nous avons des exigences en rapport avec les libertés et l’amélioration de la vie de nos concitoyens. » Evoquant le prochain congrès du parti, prévu les 19 et 20 mars prochain, Mihoubi a expliqué l’importance de ce rendez pour « le RND » qui est présenté comme étant une force nationale et locale. « J’ai une vision des choses qui nous permettra en tant que parti de nous sortir des dédales du pouvoir et devenir un parti populaire, autonome et non pas un comité de soutien », a-t-il lancé avant d’enchaîner : « Nous avons une chance inouïe, lors de ce congrès, de bâtir notre parti sur de nouvelles bases puisque le RND a fait le choix de se mettre du côté du peuple ». Dans ce cadre, il n’omettra pas de soutenir que « pendant 20 ans nous avons été du côté du pouvoir, mais il est plus que temps pour nous d’avoir une autonomie décisionnelle, de changer de cap et de nous rapprocher davantage du peuple ». Côté révision de la Constitution, le RND qui est « de ceux qui appellent et appuient la révision de la Constitution », a élaboré des propositions à ce propos « pour une meilleure sortie de crise et une reconstruction institutionnelle sur de nouvelles bases ».<