Dans le projet de loi de finances 2020, le gouvernement Bedoui a introduit plusieurs nouvelles taxes pour combler le déficit budgétaire de l’État. Il est clair que les dépenses de l’État n’arrivent pas à diminuer. Pour les dépenses d’équipement, il est manifeste que la situation est délicate. Dans un pays en développement où les besoins structurels sont énormes et chaque fois renouvelés, il est très difficile de décider un ralentissement. Le choix reste particulièrement cornélien entre le besoin d’alléger une facture devenue étouffante et le souci de doter la machine économiques et sociale de moyens de fonctionnement indispensables. Le recours à l’endettement extérieur constituera-t-il la panacée pour réduire ce déficit ? Les observateurs restent sceptiques. Les organisations financières internationales, c’est notoire, ne sont pas connues pour faire dans la philanthropie ou dans le soutien aux pays du Sud. D’autant que l’Algérie n’a pas un souvenir intarissable avec l’une de ces organisations, à savoir le Fonds monétaire international, qui avait marqué l’Algérie avec «ses fourches caudines». Le monde a depuis changé et pas dans un sens d’une plus grande solidarité. Il est nécessaire de réfléchir à de nouvelles possibilités pour financer le déficit. Des économistes ont souvent préconisé l’idée de la mise en place d’un fonds d’investissement, ou plus prosaïquement d’un fonds souverain pour garantir le financement externe et permettre de réduire éventuellement le coût d’un tel investissement. Un fonds qui aurait joué un rôle important en ces périodes difficiles. Car dans les conditions actuelles si l’Algérie va vers le financement externe, le coût risque d’être élevé en raison notamment de la situation politique. Et aussi des perspectives incertaines, répulsives pour l’économie. Le risque algérien étant aujourd’hui élevé sur le marché international au regard de la situation politique et économique visiblement instable, les taux d’intérêt risquent bien d’être trop élevés.