Désarroi et colère des producteurs de lait et produits laitiers suite à l’interdiction d’importation de la poudre de lait par la Direction des services vétérinaires ainsi que la lenteur importante dans le traitement des demandes de dérogations des dossiers sanitaires à l’importation (DSI), par rapport aux délais habituels.

Par Sihem Bounabi
Face à cette situation, l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) et la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa) ont cosigné, il y a une semaine, une correspondance adressée au Premier ministre et au ministre du Commerce pour les alerter sur les risques de tensions sur la disponibilité du lait et des produits laitiers et, surtout, sur les ruptures de stock de lait infantile et de lait pour nourrisson, dans les prochaines semaines.
Face à cette problématique, l’Apab, la CAPC et la Cipa tiennent à alerter le Premier ministre et le ministre du Commerce que les laits infantile et pour nourrissons sont destinés à une population très sensible et vulnérable, une rupture de stock sur le marché engendrerait une situation difficile. Tout retard dans la délivrance des DSI aura un impact négatif aussi bien sur la nutrition des enfants et des nourrissons que sur les entreprises. Dans la correspondance adressée au Premier ministre, les cosignataires tiennent à signaler également que le refus de délivrance des dérogations sanitaires à l’importation se traduira par des retards considérables dans la programmation des arrivages des produits, constitués d’intrants et de matières premières, d’où le risque d’indisponibilité des laits, produits laitiers et dérivés sur le marché national et la mise au chômage technique de milliers de travailleurs des unités de production d’ici la fin de l’année pour non-disponibilité de matières premières.

Chômage technique pour des milliers de travailleurs
A titre d’exemple, les délais d’attente des demandes de DSI ont largement dépassé les 40 jours, alors qu’elles étaient délivrées habituellement dans un délai de un à quatre jours après leur dépôt.
Ces risques sont accentués par la problématique de la baisse de la collecte du lait cru de production nationale, destinée aux laiteries qui sont conventionnées avec les éleveurs de bovins laitiers estimée par les concernés à 25% environ.
Cette baisse fait suite à l’indisponibilité des fourrages, à la cherté de l’aliment du bétail et aux conséquences des incendies de forêt dans les wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Jijel, Sidi Bel Abbès…
Parmi les propositions suggérées au Premier ministre afin de trouver des solutions à cette situation, celle d’instruire les départements ministériels concernés pour leur accorder une dérogation exceptionnelle en saisissant l’Abef pour permettre aux opérateurs de continuer à importer sous la position tarifaire habituelle «Autres», imposée par les services des Douanes depuis 2012. Il s’agit également d’instruire les services du ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour délivrer dans les meilleurs délais les dérogations sanitaires d’importation qui demeurent en instance au niveau de la Direction des services vétérinaires et les notifier aux demandeurs concernés.