Une sacrée surprise pour les journalistes constantinois lorsqu’ils ont reçu l’invitation à assister à la présentation du programme de l’Institut français d’Algérie. Regroupant cinq Centres culturels français (CCF), Annaba, Constantine, Tlemcen, Oran et, bien sûr, Alger, l’IFA reste un instrument de la promotion de la francophonie et des la langue française ainsi que sa culture et ses ancrages séculaires. La surprise des journalistes a été le choix de Constantine pour l’annonce du riche programme pour le reste de l’année et celle à venir.

par Hamid Bellagha
« Nous avons choisi Constantine pour médiatiser notre activité car nous nous sommes rendus compte que les contacts avec les journalistes se faisaient rares avec une prédilection pour Alger quand il s’agit de prendre langue avec les médias. Nous avons voulu aller vers les villes de l’intérieur, et notre choix s’est porté sur Constantine, une ville millénaire au passé très riche, notamment culturel ». Propos de Manel Gharbi, la « jeune et dynamique », comme qualifiée par ses collaborateurs, directrice générale de l’institution. Elle compte apporter un nouveau souffle aux centres culturels français qui ont connu des jours meilleurs.
Un challenge relevé par Mme Gharbi avec la collaboration des cinq directeurs des différents centres culturels français, comme Mlle Charlotte Aillet, qui a pris les rênes de celui de l’antique Cirta, il y a quelques mois à peine. Elle nous annonce la création d’une annexe du CCF de Constantine à Ali-Mendjeli « pour nous rapprocher de nos abonnés qui ne peuvent plus se déplacer sur Constantine pour des raisons diverses ».
Pour revenir au programme, il faut avouer qu’il est d’une ambition à souligner, tant il met en exergue une dissemblance remarquable entre les cultures algérienne, arabe et française, bien sûr, et tend vers des annonces syncrétiques. « Nous tendons vers une flexibilité et plus de visibilité pour le public, ajoute Manel Gharbi, c’est pourquoi nous avons voulu offrir à nos abonnés, et à un public plus large, un programme à la mesure des attentes. »

Mahmoud Derwiche et street art
Donc de Mahmoud Derwiche, en passant par son compatriote Tala’ Mohamed Ali, de la calligraphie arabe au street art, chaque mois aura « un temps fort », comme souligné par la directrice générale de l’IFA. Décembre, par exemple, aura le sien sur des activités mettant en épigraphe la langue arabe, le dialectal algérien et le tamazight, tout en ayant des moments plus ludiques avec des projections de films et des expositions de tableaux ou de photos de jeunes issus essentiellement des écoles algériennes des beaux-arts.
Le mois de janvier aura la particularité d’accueillir « la nuit des idées » dont on n’a aucune… idée mais qui promet de mettre en valeur de nombreux Euréka.
Février sera sans doute très particulier pour le CCF de Constantine tant le sujet reste une fierté pour les Constantinois, celui de « l’art culinaire », la capitale de l’est jouissant d’une réputation et d’une place remarquable dans la gastronomie. Un match et une rivalité à attendre entre le m’zeyat ou la tchekhtchoukha et le couscous au… merguez, une invention purement hexagonale pour le plat préféré des Français, le couscous, puisque c’est de lui qu’il s’agit, mais tout aussi préféré des Algériens.
Le mois de mars sera sans doute l’un des plus chargés avec la programmation des horizons culturels de la francophonie, des droits de la femme, le 8-Mars oblige, ainsi que le mois du patrimoine.
Le mois de juin verra débarquer aux centres culturels français d’Algérie Jack Lang, l’éternel ministre de la Culture, effectif sous les mandats de François Mitterrand, par le biais de « sa » fête de la musique, imprimée le 21 juin de chaque année, à l’entame de l’été, et qui est devenue institutionnelle à travers plusieurs pays.
A repérer que pour l’art culinaire, un mix révélateur a été relevé pendant le pot pris avec les confrères et les cadres de l’IFA avec des croissants à l’accent francophone et des bradjs et makrouts ellouz (pour la traduction, contactez Monsieur communication de l’IFA, notre ami El Hachemi Mokrane) purement constantinois. La rivalité s’installe déjà… pour le plus grand plaisir des adeptes des bons coups de fourchette.
Bref c’est tout un défi pour Manel Gharbi et son équipe de remettre en selle des instituts culturels français très éprouvés par le covid, ces deux dernières années, et redonner le… virus de la langue de Hugo à la jeune génération algérienne.