Le gouvernement algérien reste vigilant et prudent quant au choix du vaccin anti-Covid, qui dès son acquisition sera destiné en priorité au personnel de la santé et aux personnes vulnérables telles que les malades chroniques et les personnes âgées, a déclaré, hier, le professeur Riad Mahyaoui, membre du comité scientifique chargé du suivi de la pandémie du coronavirus et chef de service réanimation au CNMS, précisant que l’acquisition du vaccin sera soumise à des conditions et normes strictes.
Au lendemain de la réunion gouvernementale où le Premier ministre a annoncé la mise en place de «Task Force» pour l’acquisition du vaccin anti-Covid, le Pr Riad Mahyaoui, s’exprimant sur les ondes de la chaine 1 de la radio nationale, souligne que les choses sont en train de s’accélérer concernant les décisions gouvernementales sur l’acquisition du vaccin qui est à la phase de l’attente de l’autorisation de sa mise sur le marché estimant que c’est «une course sanitaire, mais également économiques et financière»
Pour le vaccin que le gouvernement a l’intention d’acquérir, le Pr Riad Mahyaoui a confirmé que les autorités suivaient les développements dans la commercialisation du vaccin. Il a souligné à cet effet que le gouvernement est en contact avec un certain nombre de laboratoires internationaux, tels que les laboratoires Pfizer, Astra-Zeneca et Janssen, ainsi qu’avec des représentations diplomatiques, afin de fournir le vaccin le plus rapidement possible.
Dans ce contexte, le membre du comité scientifique a souligné que l’acquisition du vaccin sera soumise à des conditions et des normes strictes, afin de préserver la santé des citoyens, qu’elle soit liée à son efficacité ou aux effets secondaires à court ou long terme sur la santé humaine. Dès lors, plusieurs critères seront pris en considération, dont l’efficacité, mais également les conditions de stockage et de transport.
Le Pr Riad Mahyaoui insiste sur le fait que l’Algérie portera son choix sur un vaccin efficace avec un minimum d’effets secondaires, pas seulement à court termes, mais également à long termes, estimant que «trois à quatre mois ne suffisent pas à cerner les effets secondaires qui peuvent survenir et que parfois il faut attendre cinq à six ans pour s’assurer de la sécurité d’un vaccin». Toutes fois dans le contexte actuel d’urgence sanitaire qui a causé plus d’un million trois cents mille morts et près de soixante millions de contamination dans le monde, il était impératif d’accélérer les procédures pour avoir rapidement un vaccin salvateur. Toutefois, il insiste sur le fait qu’«il faut rester très prudent sur le choix du vaccin. Certes se sont des accords gouvernementaux où les politiques et les scientifiques doivent se mettre d’accord sur ce choix car il y va de la santé des citoyens».
En réponse aux questions sur l’efficacité du vaccin et les effets secondaires possibles, qui ont suscité beaucoup de polémiques notamment dans les milieux scientifiques, le Pr Mahyaoui a souligné qu’il était lié au fait que pour la premier fois certains vaccins contenaient du matériel génétique, en utilisant des séquences d’ARN messager, ce qui soulève des inquiétudes dans certains pays et dans une grande partie de la population mondiale.
Affirmant que le gouvernement algérien reste très vigilant sur cette question de la sécurité sanitaire du vaccin anti-Covid et que le comité scientifique est associé à ce choix. Il ajoute que les points sur lesquels il sont très vigilants sont : la garantie d’un grand taux d’efficacité, un minimum d’effets secondaires à court, moyens et long termes, une longue durée d’immunités, des conditions de transport et de stockages optimales, d’autant plus que l’Algérie est un pays d’une grande superficie qu’il faudra couvrir.
Il souligne que parmi les difficultés que l’Algérie peut rencontrer pour acquérir le vaccin sont celles liées à la disponibilité et la quantité d’un seul laboratoire qui ne peut pas répondre à la demande et que cela nécessite inévitablement de traiter avec différents laboratoires.
Concernant les personnes qui seront vaccinées en priorité dès l’acquisition du vaccin, le membre du comité scientifique de suivi de la pandémie du coronavirus en, Algérie, déclare que les professionnels de la santé seront les premiers à bénéficier du vaccin, ainsi que les citoyens souffrant de maladies chroniques et les personnes âgées. Il ajoute toutefois que le gouvernement n’a pas encore élaboré de plan de vaccination et que les structures et les espaces qui recevront les citoyens à cet effet n’ont pas été définis.
Par ailleurs, concernant la progression de la pandémie en Algérie, l’intervenant souligne qu’après plusieurs jours d’un plateau qui s’est maintenus à plus de 1000 nouveaux cas de contamination à la Covid-19, «le nombre de nouveaux cas de contamination avaient diminué au cours des deux derniers jours par rapport aux jours précédents». Il estime que «c’est une indication positive et la preuve que les mesures de reconfinement partiel prises par les pouvoirs publics commencent à porter leurs fruits» Le Pr Riad Mahyaoui conclut que le respect strict des mesures de prévention et la limitation des déplacements et des rassemblements de personnes restent pour le moment les seuls moyens de juguler l’épidémie et de limiter la propagation de la Covid-19. n